Rappels historique

La Révolution Française de 1789 fut suivie, le 15 mars 1791 de la promulgation du décret d’Allarde, qui supprimait les corporations et de la "loi le Chapelier" le 12 juin, qui interdisait le droit de coalition des métiers et les grèves sur le territoire national métropolitain et toutes les colonies Françaises

Par ailleurs, cette loi instaurait un marché du travail caractérisé par un déséquilibre entre ouvriers et employeurs, ces derniers pouvant fixer les salaires et licencier sans entraves alors que les ouvriers ne disposaient que de leur force de travail. C’était cela l’un des premiers résultats de la Révolution

Cette loi de la Révolution a retardé en France la constitution d’un système de relations professionnelles et interdisait de fait les syndicats purement et simplement.

C’est le 21 mars 1884, soit 36 ans après l’abolition de l’esclavage colonial, et à l’initiative de Waldeck-Rousseau, Ministre de l’intérieur sous le second gouvernement de Jules Ferry, que la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux fut adoptée et promulguée (« loi relative à la liberté des associations professionnelles ouvrières et patronales »).

La Loi de départementalisation de 1946 proclame, 62 ans plus tard, l’assimilation des citoyens Guadeloupéens et Martiniquais à la nation française, instituant une forme de décolonisation inédite.

Ce n’est qu’en 1996, 50 années encore plus tard, sous la présidence de Jacques Chirac que les Guadeloupéens et les Martiniquais obtiennent une égalité de droit complète avec les Français de métropole et l’accès complet aux mêmes aides sociales. Le SMIC ultramarin est alors aligné sur celui de France métropolitaine. Il était temps !!! Quel mépris prolongé vis-à-vis de ces peuples.

Héritage colonial et réalité des instances de pouvoir social contemporain

La fondation, le 2 décembre 1973, de L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) s’inscrit, par exemple, dans la logique et la tradition d’un système mis en place en 1884, par le gouvernement alors toujours colonialiste, et anciennement esclavagiste, de la France.

Ce syndicat est ainsi toujours, techniquement, et historiquement, l’héritier, et l’un des vecteurs actifs directs, de l’une des valeurs fondamentales de l’état Français telles qu’elles existaient à l’époque des colonies, et avant le début du XXème siècle.

Depuis son origine, l’UGTG est dirigée par des militants issus du mouvement indépendantiste Guadeloupéen. Aujourd’hui l’UGTG est le syndicat majoritaire en Guadeloupe. Elle a obtenu 51,67 % des voix aux élections prud’homales du 3 décembre 2008 et exerce ainsi légitimement les prérogatives afférentes à sa représentativité démocratique.

Dans le contexte de 1973, en l’absence de l’égalité de droit complète avec les Français de métropole et de l’accès complet aux mêmes aides sociales, la légitimité de certaines des revendications, et des luttes menées dans cet objectif par ce syndicat, et d’autres en Guadeloupe, ainsi que dans les autres DOM-TOM,  s’inscrivait dans une logique historique, et la nécessité de résoudre des inégalités flagrantes.

Dans le contexte antérieur à 1996, l’évidence de la continuation de l’existence d’une République à deux niveaux (celui de la métropole et celui des DOM-TOM), perpétrant ainsi toujours des valeurs coloniales, malgré l’évolution de 1946, induisait une réalité incontestable, d’ailleurs dénoncée, au nom de l’ensemble des DOM-TOM, par Walter Guitteaud, représentant du politburo du parti communiste Martiniquais lors de la publication de son pamphlet, édité au profit des oeuvres du syndicat des P et T CGTM, préfacé le 16 février 1993 par Serge Ménil, ancien Président du CCEE (Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement de la Région) jusqu’à 2005, et ancien Secrétaire Général du Syndicat des Enseignants en Martinique, et qui est et intitulé « Non à l’intégration ».

Dérapages malheureux mais ni démentis ni jamais corrigés ou rétractés

Le document publié par Mr. Guitteaud est sous-titré « Le Peuple Martiniquais a les moyens de commencer avantageusement avec l’Europe s’il gère lui-même ses affaires ». Il se présente au premier abord comme une analyse des contraintes économiques de la Martinique, et de la faisabilité, et de la pertinence, ou non, de son statut de DOM au sein de l’Europe, un an après le référendum sur le traité de Maastricht.

Dès la page 5 du document, le ton est cependant donné, et la thèse ici soutenue évolue du domaine économique et social, abruptement, vers le domaine de la thèse de la théorie de la « purification » sociale, voire à la limite de la considération du principe de la purification ethnique pure et simple :

« L’intégration européenne conduira à une évolution démographique qui peut modifier à terme très sensiblement la proportion de ressortissants de la C.E.E. en Martinique. Elle signifiera un renforcement du processus d’assimilation, menaçant l’authenticité culturelle du «Peuple Martiniquais».».

En page 13, l’auteur va plus loin, après avoir précisé en exergue que cette dernière proposition est directement issue des conclusions tirées de la Charte d’actions unitaires des organismes des directions syndicales de la C.D.M.T, la C.F.T.C., la C.G.T.M., la F.E.N. et  l’U.G.T.M., signée le 1er mai 1989 :

« Si la solidarité ethnique est naturelle, elle peut jouer dans les deux sens et on voit où cela nous mènerait. La libre circulation des personnes entre l’Europe et la petite Martinique, crée des conditions maximales de transformation du peuplement à la Martinique. C’est un devoir pour nous de trouver la solution à ce problème qui met en cause l’existence même du peuple Martiniquais. ».

Que signifient ces deux propositions ?

Est-ce « non à l’intégration de la Martinique à l’Europe », ou bien est-ce « non à l’intégration des Européens, et des citoyens Français non nés ici, en particulier, à la Martinique » ?

Imaginons le porte-parole Languedocien d’un mouvement politique qui aurait exprimé par écrit les mêmes propos que Mr. Guitteaud en 1993, et aurait déclaré, ou déclarerait même aujourd’hui, que « la libre circulation des personnes entre la Martinique et la région Languedoc-Roussilon crée des conditions maximales de transformation du peuplement en Languedoc-Roussilon ». Et aurait ajouté « C’est un devoir pour nous de trouver la solution à ce problème qui met en cause l’existence même du peuple Français. ».

On l’aurait condamné, et on le condamnerait aujourd’hui à une amende et de la prison ferme, en vertu des dispositions du Code pénal de la République Française.

Ce document est toujours publié, en 2012, et d’ailleurs en exergue, sur le site Internet de la CGTM, et aucun document relatif à la transformation de statut de droits et d’aides sociales, de 1996, n’y est en revanche publié (sauf erreur ou omission de l’auteur de cet article). Il n’y a pas non plus eu de rétractation quelle qu’elle soit des propos délibérément xénophobes qui y sont publiés.

Le lien en est : http://www.cgt-martinique.fr/syndicat-cgt-martinique-cgtm-prises-positions.asp#

Pourquoi et comment de telles déclarations restent-elles publiées en 2012 ?

Contresens délibéré dans l’utilisation des références historiques ? Status-quo voulu ?

Dans ce même pamphlet, Mr. Guitteaud dénonce : « …il ne s’est trouvé aucune tendance pour rendre hommage à la Révolution en mettant un terme à l’hypocrisie du système colonial Français, avec ses DOM/TOM, etc.  Les mânes des révolutionnaires de 1789 auraient tressailli d’orgueil si, volontairement, ce système se transformait en une union de peuples libres, volontairement liés par la fraternité et des intérêts réciproques. Cette union française deviendrait à nouveau, pour tous les peuples du monde, l’un des phares de l’humanité.» (page 16).

Ce n’est pas la Révolution Française qui a consacré la possibilité de réaliser l’union de peuples libres. La révolution Française, avec les décrets et lois de 1791, n’aurait jamais permis de répondre aux besoins de peuples volontairement liées par (…) des intérêts réciproques (économiques et sociaux).

Le système colonial Français était au contraire soutenu et validé par les dispositions législatives post-Révolutionnaires, et la protection de principes de limitation des droit de coalition des métiers et des grèves était à l’époque le fer de lance d’un modèle de société castrateur de toute possibilité d’émancipation et de développement économique et social, surtout au sein des communautés Guadeloupéennes et Martiniquaises.

En 1992, aucune tendance politique en France n’aurait été assez limitée dans sa vision et sa connaissance de l’histoire, pour faire une telle déclaration et rendre un tel hommage à la Révolution, alors que c’est précisément l’action de plusieurs  gouvernements au fil du temps (1848, 1884, 1946, et 1996) qui ont permis, et précisément aux citoyens de la République présents sur les terres de la Guadeloupe et de la Martinique, d’obtenir l’égalité de droit complète avec les Français de métropole et l’accès complet aux mêmes aides sociales qu’eux.

C’est certainement grâce à l’action continue de personnes telles que Mr. Guitteaud, par exemple, que la réforme finale induite sous l’autorité du Président Chirac a pu aboutir, et l’exemplarité de leur action et de leur contribution au développement social à la Guadeloupe et à la Martinique doit être saluée et respectée, par tous, car ils sont les acteurs de ce succès pour les populations de ces régions.

C’est l’état Français, certes toujours colonialiste, mais plus esclavagiste, à l’époque de 1884, qui a donné à des personnes comme Mr. Guitteaud, et à tous les syndicalistes, le droit et la capacité incontestée de s’organiser, de s’exprimer, et de combattre les inégalités et les injustices sociales.

Depuis 1996, tout a ainsi changé. Mais personne n’en parle.

Depuis 1996, la dernière trace de l’influence de l’ancien état colonialiste Français a à jamais été effacée relativement au statut, et aux droits des Guadeloupéens et des Martiniquais. Cela fait donc plus de 16 ans. Une génération.

Pourquoi donc des groupements de personnes qui n’existent que parce que le système colonialiste leur a donné le droit de s’organiser en syndicats, et qui sont ainsi des groupes nés de ce système, comme le sont les Békés, et les Européens, qu’ils fustigent et diabolisent à égalité ad nauseam, alors qu’il ne s’agit en leur personne morale de syndicats que d’une autre caste elle aussi créée par un régime colonialiste, continuent ils à dénoncer ce système et à accuser l’état Français de le perpétuer ?

Pourquoi donc cette génération née à la Guadeloupe et à la Martinique depuis 16 ans, et qui va atteindre la majorité en 2014, n’a-t-elle pas été éduquée à ce sujet par ses aînés, qui connaissent parfaitement l’histoire et ses évolutions récentes en la matière ?

Pourquoi n’y a-t-il pas eu un effort concerté de ceux qui se présentent comme les chantres des peuples Guadeloupéens et Martiniquais pour développer un programme d’éducation civique destiné à effacer les plaies du passé et à reconnaître les bienfaits des avancées en matière de droits et de droits sociaux depuis les 15 dernières années ? Les talents locaux et les personnes aptes à le faire existent pourtant.

Cracher sur la France,  abuser du terme  « colonialisme » et galvauder les esprits

Le 15/07/2012 sont publiées les propositions suivantes, par le LKP de Guadeloupe, sur Facebook :

« …le représentant de l’état colonial Français vient de décider… »

« …la logique coloniale en faveur d’une majorité de pwofitan. »

https://docs.google.com/open?id=0BwhzniTZWbmfR1k1cmJndHd5MVk

Le LKP, Liyannaj Kont Pwofitasyon (« Collectif contre l’exploitation outrancière ») est un collectif Guadeloupéen qui regroupe une cinquantaine d’organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de la Guadeloupe. Ce collectif est à l’origine de la grève générale de 2009 qui a touché l’île entre le 20 janvier et le 4 mars.

Son porte-parole est Élie Domota qui est le secrétaire général du syndicat majoritaire de la Guadeloupe, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG). Élie Domota est aussi directeur adjoint du pôle emploi de Morne-à-l’Eau, Guadeloupe

Des collectifs avec des revendications similaires ont été créés en Martinique (Collectif du 5-Février), à Saint-Martin (Collectif du 11-Février) et à La Réunion.

Le LKP, son porte-parole, et les organisations solidaires citées, sont ainsi tous soit des émanations historiques de l’ancien état colonial Français, pré 1996, soit individuellement des salariés de l’état post-colonial Français, depuis, et/ou avant 1996. C’est un état de fait que personne ne peut contester. Pourtant ils vomissent sur le  système qui les a mis au pouvoir…

De la même manière que Mr. Guitteaud dans son pamphlet précité, ces personnes morales ignorent délibérément de faire référence aux profonds changements de droits et de droits sociaux, et à l’égalité enfin reconnue en 1996 aux Guadeloupéens et aux Martiniquais avec tous les autres citoyens Français, et se permettent de continuer à utiliser les termes d’ « état colonial » et de « logique coloniale ».

Ils auraient certainement raison de le faire s’ils faisaient référence à leurs propres statut de personnes morales aujourd’hui, et cela c’est incontestable, cela dit personne ne leur demande de faire amende honorable en la matière et tout le monde respecte qu’un voile et un silence pudiques soient laissés sur ce sujet. Et le droit de s’exprimer ne leur est pas contesté, jamais.

En dénonçant une décision Préfectorale, certes contestable et questionnable en matière de santé publique, et en y associant le terme « colonial », le LKP utilise un lieu commun, un concept, un principe, et une référence dépassés en 2012, et joue en fait sur la « corde sensible » des lecteurs Guadeloupéens et Martiniquais, ou comme moi venant de « l’extérieur », de leur publication.

La violence des mots de plus employés par le LKP dans son communiqué est inquiétante. Les mots « droit de tuer », « légitime défense », « et se donneront les moyens de se défendre » font peur.

Refus de participer à l’évolution de la société ou volonté de conserver du pouvoir personnel ?

Comment rester complice par le non-dit, ou la peur de remettre en question des castes syndicales et un modèle de société qui n’a pas le courage d’assumer sa condition présente, et pourquoi refuser de reconnaître que chaque individu présent, ou né, sur les terres de Guadeloupe et de Martinique est le descendant d’une société et d’une civilisation dont les plaies sont certes réelles mais appartiennent à un passé révolu depuis longtemps, nommément le passé colonial ?

En novembre 1989, Aimé Césaire, Député de la Martinique, a déclaré à l’Assemblée Nationale : « Ce qui importe, c’est que les peuples soient consultés, démocratiquement consultés. ».

Césaire avait une vision claire de son présent, et du futur des communautés de la Guadeloupe et de la Martinique. Depuis sa déclaration de 1989, les peuples de la Guadeloupe et de la Martinique ont été démocratiquement consultés.

La majorité des citoyens Français de la Guadeloupe et de la Martinique ont exprimé clairement par leurs vote successifs le fait qu’ils avaient compris que la « France colonialiste » c’était fini maintenant, depuis longtemps, et que même s’il subsiste des plaies à ce sujet, le moment est venu de tourner la page de l’histoire.

Qui a donc intérêt à ce que la situation ici demeure « pourrie » par le maintien du spectre du démon esclavagiste et colonialiste, et qui a intérêt à ce que les Guadeloupéens et les Martiniquais titulaires d’une carte d’électeur restent frustrés et parfois « misérables », et se voient sans arrêt leur horloge émotionnelle remise à zéro ?

Pas la France. Elle l’a prouvé. Pas les Békés. Ce ne sont pas eux qui mettent les grèves en action.

Et même si certains diront que les Békés ont beaucoup de pouvoir économique, et possèdent des entreprises, ce n’est pas à leurs descendants aujourd’hui, auxquels il faut « en vouloir ». C’est ridicule. Ils n’ont pas plus demandé à naître Béké qu’un autre a demandé à naître descendant d’esclave, ou à naître Chinois à Pékin, ou moi d’être né Juif.  Faut arrêter le délire. Chacun existe tel qu’il est né sur cette planète et fait les efforts qu’il peut pour y vivre, en essayant de vivre avec son temps et les autres.

C’est aussi cela la différence entre 1848 et 2012. Et personne n’a d’excuses à demander à quiconque.

En fin de compte…

Qui est payable pendant 47 jours de grève et décide de l’arrêt d’une grève générale après 45 jours ?

Qui sont les autres héritiers du pouvoir colonialiste, en place aujourd’hui, permanents de syndicats, élus en mandats cumulés au Conseil Régional et au Conseil Général, Présidents de plusieurs organisations publiques ou semi-publiques, siégeant au Conseil d’administration de banques, à la direction d’hôpitaux, ou propriétaires d’entreprises locales de distribution de carburant, à la fois sur les territoires de Guadeloupe et de Martinique ?

Garder les peuples dans l’ignorance et galvauder leur intelligence ne peut résulter qu’en une seule chose : se faire rejeter et écarter du pouvoir par eux au final.

Voila. Je ne fais pas peut être pas me faire que des « copains » en publiant cet article, mais je n’ai pas de copains, je n’ai que des amis. Et des amis j’en ai parmi des milliers de Guadeloupéens et de Martiniquais nés sur ces terres. Et ils savent que le « colonialisme » entre nous c’est mort et enterré depuis très longtemps.

Plis Foss.

Pourim est l’une de mes fêtes préférées, à laquelle il est parfois fait référence d’être le "carnaval Juif", et je prends un plaisir à chaque fois renouvelé, tant à assister au service religieux à la synagogue à cette occasion, qu’à fêter la fin de la période de célébration.

En effet, tout d’abord, lors du service, et durant les deux heures environ que dure la célébration en synagogue, les participants sont invités à faire du bruit au moyen de trompettes, et de tout objet se trouvant à portée de la main. Ceci génère ce que l’on peut qualifier ‘un foutage de bordel’ total, qui entraîne une sorte d’hystérie collective, et déclenche des rires incontrôlables, tant au niveau de ceux qui sont assis dans la salle, qu’au niveau de celui ou de ceux qui officient en lisant la Méguila (le texte sacré consigné sur des rouleaux) dans l’enclos situé à cet effet au centre de la salle. Les enfants courent à travers la synagogue  et certains s’organisent en joyeuses bande ‘armées’ de crécelles, et aussi d’espèces de vuvuzelas déments desquels ils extirpent des sons à vous déchirer les oreilles. Le pandémonium devient parfois tel que l’officiant n’a par moments même plus la force de continuer à lire à haute voix, tellement il rit lui même.

De plus, et les instructions sont formelles dans la tradition Judaïque, et le Talmud, à la fin de la fête de Pourim, qui dure deux jours, nous devons festoyer, et boire du vin jusqu’à ce que nous soyons en état de totale ébriété. Des Hébreux en ébriété, quoi de plus naturel syntaxiquement et sémantiquement parlant, en effet ! J’oserai même le jeu de mots facile en ajoutant que c’est d’ailleurs à mon avis sémitiquement correct aussi.

Si vous ne trouvez pas cool une religion qui vous instruit de semer la bazar durant un service religieux, et vous prendre une cuite le lendemain, alors soit vous manquez totalement d’humour, soit c’est moi qui doit être distrait et quelque chose m’échappe. Je vais maintenant vous raconter pourquoi les Juifs se comportent de cette manière durant la fête de Pourim, ce qu’ils célèbrent vraiment, et le comment. du pourquoi.

La célébration de la fête de Pourim (hébreu : ימי הפורים Yemei haPûrîm « Jours des sorts »), qui se déroule selon les années soit en milieu de mois de février, soit en milieu de mois de mars, trouve ses origines à partir du IVème siècle précédant la date de départ du calendrier Grégorien.

Il s’agit d’une fête d’origine biblique mais d’institution rabbinique, et qui commémore les événements relatés dans le "Livre d’Esther". Ceux-ci ont été vécus par les Juifs comme la délivrance miraculeuse d’un massacre de grande ampleur, planifié à leur encontre par  Haman l’Agaggite dans tout l’Empire perse au temps de sa splendeur.

Selon ce récit, dont certains jugent l’historicité douteuse, le roi Assuérus prend pour femme Esther bat AVihail, une belle jeune femme qui tient secrètes ses origines judéennes sur les conseils de son parent Mardochée. Celui-ci sauve le roi d’un complot.

Peu après, Haman, fils de Hamedata monte en faveur auprès du roi. Outré par le fait que Mardochée ne s’incline pas devant lui alors que le protocole établi par le roi l’y oblige, il fait publier au nom du souverain et avec son accord un impôt royal impossible à payer, à prélever sur les Judéens vivant dans les 127 provinces de l’empire achéménide (où vit la quasi-totalité de la population juive de l’époque) ; en cas de non-paiement, ils seront mis à mort et leurs possessions saisies.

Sur l’insistance de Mardochée, Esther vient trouver le roi (au péril de sa vie). Elle l’invite à un festin avec Haman sans dévoiler ses motifs et les convie à un second festin. Troublé, Assuérus se fait lire les annales royales pour occuper ses insomnies et prend connaissance de sa dette envers Mardochée. Il le récompense par des honneurs devant un Haman dépité. Lors du second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot qui vise les siens. Haman est pendu à la potence même qu’il réservait à Mardochée et les Juifs sont autorisés à se défendre contre leurs assaillants. Après un jour de batailles, les Juifs célèbrent dans l’allégresse ces retournements du sort et une fête est instituée pour les générations à venir.

Première signification

L’histoire apparemment profane et décousue du Livre d’Esther décrit en réalité le plan d’un Dieu qui agit « en voilant sa face » (hébreu : הסתר פנים Hester panim). Le nom de l’héroïne fait d’ailleurs allusion à cette considération. L’affrontement entre Mardochée et Haman illustre et réactualise la lutte perpétuelle que se livrent Israël et Amalek (un peuple mentionné maintes fois dans l’Ancien Testament). L’ensemble du récit induit ainsi que la fête de Pourim célèbre en fait une rédemption bien particulière.

La rédemption de Pourim fait aussi écho à celle qui se produit un mois plus tard, à Pessa’h (voir mon article séparé au sujet de Pessa’h). À de nombreux égards, les rédemptions de Pessa’h et Pourim sont opposées. Dans la rédemption de Pessa’h, les Hébreux d’Égypte sont un peuple sans droit, sauvé par l’intervention directe de Dieu qui les fait sortir d’Égypte. Dans celle de Pourim les Juifs de Perse sont intégrés à leur nation et trouvent leur salut dans une intervention humaine qui renforce leur présence dans leur pays d’accueil.

Le pandémonium

Revenons-en à la question, plus légère, du vacarme durant la lecture de la Meguila. Jusqu’au XIème siècle, l’histoire retient qu’il n’était en fait pas question de faire du bruit durant l’office de Pourim. Cette tradition a été instaurée par les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot, qui sont des gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud) et qui étaient des rabbins médiévaux du XIème au XIVème siècle, localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne.

Les Tossafistes instaurèrent la pratique de cogner des morceaux de bois sur lesquels était marqué le nom de Haman afin de se conformer au commandement biblique "d’effacer le nom d’Amalek, même du bois et de la pierre" ; cette pratique a évolué au fil du temps pour donner lieu à une cacophonie de sifflements, crécelles et autres manifestations bruyantes à la mention du nom de Haman durant le service.

Voilà donc ce qui se passe durant la lecture de la Meguila : dès que le nom de Haman est prononcé (et il l’est des centaines de fois dans le texte), on doit faire le plus de bruit possible.

Le festin et l’ébriété

Les rabbins ayant remarqué que le mishte (festin alcoolisé) figure de manière proéminente dans le Livre d’Esther, en concluent que « le miracle a eu lieu grâce au vin » ; par conséquent, les festins prescrits en fin de Livre doivent être fortement alcoolisés. Les instructions qui nous sont données sont que « l’on doit "se parfumer" (s’enivrer) à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer "maudit soit Haman !" de "béni soit Mardochée !" » lorsque l’on prononce ces mots à voix haute.

Cette préscription rabbinique est aussi à l’origine des premiers chefs-d’œuvre de la littérature parodique Juive, dont la Massekhet Pourim ; rédigé au XIVème siècle par Kalonymus ben Kalomymus, qui était d’ailleurs un rabbin Provencal né à Arles en 1286, dans le style du Talmud, ce « traité de Pourim » prescrit de s’enivrer joyeusement et proscrit formellement l’eau. C’est par la suite que la tradition commencera à aussi inclure des pièces de théatre jouées en public à Pourim, et sur les bases desquelles le théâtre Yiddish commencera à se développer au XVIIIe siècle. En Italie, les célébrations mettant en scène l’exécution mi-solennelle mi-burlesque de Haman, par la mise à feu d’une effigie, fait place aux mascarades, introduites vers la fin du XVe siècle sous l’influence des carnavals romains.

Seconde signification

La journée de célébration de la fin Pourim se passe ensuite dans la liesse et l’exubérance, les échanges de cadeaux et les dons aux démunis.

L’envoi de colis alimentaires (hébreu : משלוח מנות Mishloah manot) incombe à toute personne ayant atteint la majorité religieuse (12 ans pour les filles, 13 pour les garçons), y compris les endeuillés. Il faut, pour s’en acquitter, envoyer au moins deux plats prêts à être consommés à une personne le jour de Pourim même (les femmes envoient aux femmes, les hommes aux hommes).

La prescription des dons aux démunis (hébreu : מתנות לאביונים matanot laèvyonim) nécessite de faire un don à deux pauvres au moins ; elle a priorité sur le mishloah manot car la réjouissance des pauvres revêt, selon la tradition, une importance particulière devant Dieu. Il convient de ne pas faire de distinction entre quiconque et toute personne prête à accepter le don peut en bénéficier, y compris un non-Juif.

La symbolique de Pourim et sa signification globale apparaissent ainsi plus clairement. Au delà de la rédemption et de la libération potentiellement trouvées gràce à une intervention humaine, et gràce à elle seule, et pour les Juifs qui sont dispersés hors d’Israël, il existe une seconde rédemption qui se manifeste à travers la simple joie de vivre, et par le don matériel tant de la nourriture que de ce qui peut être nécéssaire à autrui et lui manquer. L’excès prêché durant la féte de Pourim est en fait une invitation à la modération le reste du temps.

Au delà de l’apparente célébration d’une quelconque vengance, ou d’une volonté de destruction, à l’égard d’Amalek, et justement par la réalisation des actes carnavalesques ou de travestissement, et tels que la destruction par le feu de l’effigie de Haman, et les autres attitudes excessives, incluant les mascarades, le message transmis par Pourim est que le Juif doit trouver un moyen de ne pas faire la différence entre son ami ou son ennemi, qui qu’il soit. C’est pour celà que "maudit soit Haman !" deviendra identique à "béni soit Mardochée !".

La rédemption des Hébreux d’Égypte s’est ainsi accomplie à l’origine par l’intervention directe de Dieu. Par contre la rédemption des Juifs exilés ne peut s’accomplir que par l’intervention humaine. Le vecteur de cette rédemption est l’exécution par les Juifs du plan de Dieu qui agit « en voilant sa face » (hébreu : הסתר פנים Hester panim) c’est à dire de Dieu qui leur procure, par une voie indirecte, un moyen de choisir et de décider de quelle manière ils réaliseront leur mission. Ils disposent de la capacité à l’excès, et des ressources pour l’entretenir s’ils le désirent. Ils peuvent se saouler, se laisser aller à des manifestations blasphématoires, se faire la guerre et s’entretuer s’ils le veulent. Ils peuvent aussi, même s’ils sont soumis aux passions et à l’excès, agir de telle manière qu’ils rétablissent et maintiennent l’ordre des choses.

La mission des Juifs consiste ainsi en la construction de rapports d’égalité entre tous les Hommes, sans distinction de Judéité, d’Hébraisme, de genre, ou de quelque condition ni appartenance à un peuple quel qu’il soit. Tel est l’enseignement que nous pouvons apprendre de Pourim.

L’inaptitude au bonheur

Publié: 23 janvier 2012 dans Société

L’inaptitude au bonheur

Note préliminaire : la rédaction de cet article m’a été demandée par ma meilleure amie, ma sœur spirituelle. J’en publie le premier chapitre aujourd’hui en réponse. Le reste arrive !!!

Introduction

La définition généralement acceptée du bonheur est qu’il s’agit d’ « un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents. ».

Le dicton populaire énonce par ailleurs que « l’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue ». L’entendement commun établit ainsi une contradiction totale entre la notion et la perception précédemment définies du bonheur et un corollaire improbable, l’argent, et par voie de conséquence la capacité d’acquisition de produits à consommer, ou de biens matériels. En effet, ce corollaire s’inscrit bien dans la durée en termes de contribution répétée au bonheur, mais il est aussi souvent la cause du stress, de l’inquiétude et du trouble de l’être, qui est par définition antinomiques au bonheur.

On parle aussi de « bonheur passager », voire « éphémère », de « grand bonheur » et de « petits bonheurs ».  Or le bonheur est, semble-t-il souvent espéré et recherché de manière non seulement durable, mais encore permanente ou quasi-permanente par tout être humain.

L’esprit reste enfin démuni face à l’inverse du bonheur, le malheur, et l’entendement oublie souvent qu’un l’absence de tout, ou de toute possibilité de malheur (donc de souffrance, stress, inquiétude ou trouble), il n’est pas de définition littérale possible du bonheur.

Il reste alors à se poser la question de « l’aptitude » ou de « l’inaptitude » au bonheur.

Sommes-nous obligés au bonheur, comme l’a suggéré Blaise Pascal (« tous les hommes recherchent d’être heureux. » Pensées 1670), et comme le confirment péremptoirement la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique de 1776, ainsi que L’article 1 de la constitution de 1793 ? note 1 Et par voie de conséquence sommes-nous ainsi responsables de la réalisation du bonheur, quoi qu’il soit, et devons-nous donc disposer de, ou créer, développer et maintenir des, compétences et qualités particulières à cet effet ?

Sommes-nous démunis du bonheur, par définition et essence, et passons-nous ainsi notre temps à rechercher un état et une condition impossible à atteindre, ou bien à maintenir, au long terme ? S’agit-il donc ainsi d’un état réel que nous cherchons à réaliser, ou bien nous satisfaisons-nous de la seule idée de cet état ? Dans les deux cas, certains domaines de compétences nous sont de nouveau requis pour déterminer soit l’aptitude soit l’inaptitude à ce faire.

Sommes-nous finalement seuls face à l’équation du bonheur ou bien celle çi est elle résolue par notre rapport à l’autre, et dans ce cas s’agit t-il de nouveau d’une obligation et d’une responsabilité, ou bien s’agit t-il d’une condition à notre propre réalisation, et devons-nous la manifester à travers des actes et des matérialisations, ou bien suffit-il que le consensus à ce sujet soit simplement établi au niveau de nos consciences respectives et que nous communiquions de manière satisfaisante et compréhensible à ce sujet ? En quels termes se définit alors la possibilité d’une « inaptitude » au bonheur ?
Enfin existe-t-il des causes et des facteurs déterminants, physiologiques, psychologiques ou sociaux, qui conditionnent notre capacité à trouver, ou réaliser, ou non, le bonheur ?

Note 1 :

Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique (1776 également) qui pose : "Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur."

L’article 1 de la constitution de 1793 postule de façon explicite que "le but de la société est le bonheur commun", idée qui sera développée dès l’année suivante par Saint-Just avec sa célèbre phrase : "le bonheur est une idée neuve en Europe."

CHAPITRE 1

Approches philosophique, mystiques et religieuses, et sociales du bonheur

Il est nécessaire de considérer, avant toute dissertation plus avant sur le sujet, quelles sont les interprétations de la notion de bonheur telle que débattue dans les textes de référence de nos diverses civilisations, religions et époques.

En effet, l’homme d’aujourd’hui, et donc celui seul auquel la problématique du bonheur se pose, dérive sa notion du bonheur de trois sources principales, parfois combinées, et qui sont les suivantes : la conviction et le choix philosophique d’une part, la foi d’autre part, et enfin le statut social et citoyen (au sens de membre de la « Cité »).

On peut ainsi distinguer en premier plusieurs approches philosophiques de la notion de bonheur et qui peuvent fonder la définition, et les options de réalisation ou non du bonheur dans notre esprit et dans notre réalité. Nous en retiendrons quatre, pour les besoins de cet essai.

Dans la conception Epicurienne le bonheur est défini comme le « plaisir en repos », et la conséquence de la satisfaction des désirs naturels et nécessaires. Si l’on s’en tient à cette définition, il n’y aurait donc pas d’ « inaptitude » potentielle au bonheur dans la mesure où une telle satisfaction serait suffisante. Donc à moins de ne pas disposer des ressources matérielles brutes permettant de répondre à nos désirs (et à nos besoins), et dans ce cas à moins de ne pas être en mesure de mobiliser nos efforts physiques ou intellectuels pour atteindre nos objectifs en la matière, nous sommes tous aptes au bonheur. Notre seule inaptitude dans cette optique serait ainsi une inaptitude à mettre en œuvre des moyens quelconques pour obtenir la satisfaction définie. Notre aptitude nous serait par contre intrinsèque.

Dans la conception Spinozienne le bonheur est défini comme une « joie active », en opposition au plaisir et à la joie passive, qui sont source des « passions qui sont elle mêmes la source des malheurs humains ». L’aptitude requise à l’effet de la réalisation du bonheur est ainsi, selon Spinoza, conditionnelle à la qualité de posséder la « Vertu » et ainsi de « bien agir et être dans la joie ». Ainsi « mal agir » en contraste ne serait-il pas la manifestation d’une quelconque inaptitude, mais au contraire celle d’un choix délibéré. Ce choix pourrait être commandé soit par l’ignorance du principe même de la Vertu, soit par une inaptitude à, soit en conséquence d’une volonté assumée de ne pas, discerner la différence entre le « bien » et le « mal » en la matière, mais non pas en raison d’une quelconque inaptitude personnelle au « bonheur ».

Spinoza est le premier philosophe à introduire avec une telle clarté la notion du rapport à autrui (ou à l’adversité) dans l’équation du bonheur. Il fait état de « courage » et de « générosité » à manifester dans la réalisation de ses désirs raisonnables. Il oppose aussi le sentiment de liberté intérieure aux passions qui troublent la force d’âme de l’être et font par voie de conséquence barrage à son aptitude au bonheur. Il exprime cette idée avec les mots :

« A l’extrême de la libération des passions par la connaissance de la vérité, qui est la compréhension intuitive que tout ce qui existe est en réalité Dieu, c’est-à-dire la nature, le bonheur devient parfait et prend le nom de béatitude, c’est-à-dire joie vécue avec un sentiment d’éternité et s’accompagnant d’un amour de toute chose. »

Dans la conception Kantienne, le concept de bonheur est analysé, et est « disséqué », de manière rhétorique et énumérative, et il est ramené à une notion floue dont le contenu concret est apparemment impossible à cerner. Il s’ensuit que, selon Kant, le bonheur n’est ainsi pas une obligation de l’individu (ni vis-à-vis de lui-même ni vis à vos des autres). Si l’on s’en tient à son raisonnement, il n’y aurait donc ni aptitude ni inaptitude au bonheur, à espérer soi-même, ou bien à requérir ou exiger d’un autre (par rapport à lui-même ou par rapport à nous).

On trouve ainsi dans son approche une opposition radicale à celle de Spinoza, dans la mesure où Kant interprète l’idée du bonheur comme un sentiment nombriliste, relativement mal éduqué, et en tous cas élimine toute notion de relativisme à l’autre dans non seulement la définition même, mais encore dans une action de recherche ou d’accomplissement et de réalisation hypothétique d’un quelconque bonheur. Il exprime cette idée avec les mots :

« Le concept de bonheur n’est pas un concept que l’homme abstrait de ses instincts et qu’il extrait en lui-même de son animalité, mais c’est une simple Idée d’un état, à laquelle il veut rendre adéquat cet état sous des conditions simplement empiriques (ce qui est impossible) «  (Critique de la faculté de juger 1790)

, puis :

« Or il est impossible qu’un être fini si perspicace et en même temps si puissant qu’on le suppose se fasse un concept déterminé de ce qu’il veut véritablement… Richesse ? ….Connaissances ? … Longue vie ?  Santé ? … Il n’y a donc pas à cet égard d’impératif qui puisse commander au sens strict du mot de faire ce qui rend heureux, par ce que le bonheur est un idéal non de la raison mais de l’imagination. » (Fondements de la métaphysique des mœurs 1792)

Schopenhauer, enfin, et peut-être paradoxalement (ou peut être plutôt judicieusement) dans un ouvrage inachevé intitulé « L’art d’être heureux », et dont une partie du contenu représente l’extension de ses considérations publiées dans « Le Monde comme volonté et comme représentation » en 1844  (ouvrage dont le titre donne matière à réfléchir en la matière), nous propose une conception du bonheur toute particulière et qui présente l’intérêt de synthétiser les pensées et considérations de Spinoza et de Kant, en offrant une échappatoire intellectuellement séduisante à notre problème.

Il suggère que l’être devrait seulement espérer et s’attendre un « état comparativement moins douloureux » (moins douloureux que l’expérience d’un bonheur positif et parfait qui, selon lui, est impossible). Son raisonnement oppose les exigences de bonheur et de jouissance munies desquelles nous entrons dans la vie (à l’état de nouveau-né puis d’adulte en développement) et que nous développons ensuite sous diverses influences (les sciences modernes et récentes de la chimie, de la sociologie et de la psychologie nous démontrent que ces influences sont d’ordre génétique d’une part, et d’ordre culturel d’autre part) aux évènements qui nous affectent, et à notre « destin » tel qu’il se manifeste au fur et à mesure du déroulement de notre vie. Schopenhauer nous fait de cette manière entrevoir la possibilité de comprendre et d’accepter ainsi le fait que « rien n’est à nous ».

Dans cette optique, et une fois ce postulat accepté par notre esprit, la question ne se poserait plus en termes d’aptitude ou d’inaptitude au bonheur, mais plutôt en termes de subjectivité ou d’objectivité de la sensation de vécu du sentiment de la souffrance.

Nous serions ainsi dégagés, selon Schopenhauer, de toute responsabilité tant vis-à-vis de nous-mêmes que vis-à-vis des autres, relativement à l’accomplissement ou non d’un quelconque bonheur.

Nous ne ferons pas de référence, dans cet essai, aux conceptions Nietzschéennes, Freudiennes, et de la Psychanalyse post 1920, du bonheur, car ces philosophies et sciences placent le concept du bonheur en corollaire soit avec la réalisation d’un sentiment de puissance, qui serait accompli par un être en mesure d’agir en toutes circonstances sans projection constante dans son devenir (Nietzsche), soit avec la non réalisation d’une sexualité psychique insatiable et définitivement inaccessible, accompagnée d’une tendance à l’autodestruction et à l’anéantissement (Freud et Psychanalyse).  La question posée de l’inaptitude au bonheur serait en effet hors sujet, et sans réponse, relativement à ces deux approches.

Citons cependant Nietzsche en la matière, car sa proposition contient cependant un élément sur lequel je reviendrai plus tard :

« Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé, celui qui ne se dresse point, comme un génie de victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c’est que le bonheur, et, ce qui est pire encore, il ne fera jamais rien qui puisse rendre heureux les autres. Imaginez l’exemple extrême : un homme qui ne posséderait pas du tout la faculté d’oublier, qui serait condamné à voir en toutes choses le devenir. Un tel homme ne croirait plus à sa propre essence, ne croirait plus en lui-même; tout s’écoulerait pour lui en points mouvants pour se perdre dans cette mer du devenir; en véritable élève d’Héraclite il finirait par ne plus oser lever un doigt. » (Considérations inactuelles 1874)

Prenons maintenant en considération les approches mystiques et religieuses du concept du bonheur.

(texte en cours de rédaction)

Prenons maintenant en considération les approches sociales et culturelles du concept du bonheur.

(texte en cours de rédaction)

CHAPITRE 2

(texte en cours de rédaction)

Nous disposons maintenant de référentiels clairs nous permettant de mieux définir le concept du bonheur, et de mieux cerner ce qui permettrait de définir ce qu’est l’inaptitude, si inaptitude, génétique, potentielle, induite, choisie, ou non, il y a, au bonheur.

Engageons alors le processus de réflexion qui nous permettra de comprendre et d’exprimer ce qui constitue ou non la réalisation du bonheur (de notre bonheur personnel et de celui d’autrui).

(texte en cours de rédaction – en-têtes çi dessous)

Le bonheur peut-il nous être défini selon des principes d’avant le 21ème siècle ?

-La « carte mondiale du bonheur » établie en 2007

Etude de cinq cas :

-Dans la société Française

-Dans la société Nord-américaine

-Dans la société Chinoise

-Dans les sociétés Africaines

-Dans une vision globale du monde

Mon bonheur est-il personnel ou bien est-il le tien ? Quelle est la dépendance relative ?

-Choix et décision / Choix ou décision

Ai-je la prérogative de t’imposer mon concept et mon besoin du bonheur ?

-Accusation
-Rédemption
-Acceptation
-Rejet

Dois-je, ou puis-je accepter ta conception du bonheur et m’y conformer ou l’ignorer ?

-Objectif social, « masque » au sens de Montaigne, ou objectif personnel ?
-Responsabilité devant qui, quel (s) principe (s), ou bien approche mystique ?

CHAPITRE 3

(texte en cours de rédaction)

Dans quelles limites sommes nous en mesure de nous juger nous même, ou bien de juger autrui, ou bien de nous juger tous ensembles en tant que groupe, face à l’équation du bonheur, et de notre aptitude ou non à la résoudre ?

Hormis le jugement, quel qu’il soit, existe-t-il un référentiel personnellement et communément acceptable sur lequel nous pouvons fonder l‘idée et la réalisation du bonheur ?

-Obligation de bonheur

-Recherche du bonheur

-Réciprocité du bonheur

-Matérialisation du bonheur

-Finalité du bonheur

CONCLUSION

(texte en cours de rédaction)

 

Français

L’un se demande comment il pourrait monter, du sol, sur le dos d’un chameau, et il ne voit en cette monture qu’un moyen de se déplacer plus rapidement pour traverser le désert.

L’autre, en contraste, apprend au chameau à s’asseoir, puis il lui apprend à se relever. Il s’éduque ainsi lui-même, et il forme de même sa monture, pour naviguer à travers le désert.

Tout est précieux dans le désert. La seule richesse personnelle qui puisse y être transportée est celle de la beauté. Vouloir y convoyer toute autre possession matérielle est une folie car ni homme ni bête ne survivront chargés de biens, dans cet univers aride et brûlant de soleil. C’est pourquoi le nomade prend particulièrement soin de sa personne, et de son âme, alors que le sédentaire s’acharne plutôt à l’accumulation des objets et des pensées.

L’un qui s’aventure dans le désert emmènera deux chameaux : le premier pour sa monture et le second pour transporter son matériel et une réserve d’eau, afin de pouvoir y survivre.

L’autre ne se préoccupera que de connaître et de trouver les points d’eau pour y abreuver sa seule monture, pouvoir s’y reposer et se régénérer, et ainsi continuer sa route.

Ainsi le désert est-il traversé par deux catégories bien distinctes de personnes. Les unes n’y passent que pour chercher à en sortir, alors que les autres en font leur territoire. Pour les uns le désert à une entrée et une sortie, un commencement et une fin. Pour les autres il n’est qu’un espace homogène, infini, dans lequel ils trouvent leur place de manière continue. C’est pourquoi le nomade vit dans le désert, alors que le sédentaire ne fait qu’y rêver.

Le désert n’a que deux saisons : le jour et la nuit. Il naît chaque matin au lever du soleil et il disparaît dans le froid au lever de la lune. Ainsi il inspire et expire de manière immuable et reste dans la permanence de son état à tout moment.

Le monde hors du désert est par contre soumis au cycle des quatre saisons. Il s’épuise ainsi à naître, à grandir, à resplendir puis à vieillir. Ainsi il ne connaît jamais sa pérennité et s’interroge constamment sur sa propre réalité, sans jamais pouvoir trouver de réponse.

 

English translation

One wonders how he could rise from the ground and climb on the back of a camel. He sees the camel in this way as a mere means to move faster to cross the desert.

The other, in contrast, teaches the camel how to to sit, then he teaches the camel to stand up. He educates himself, and his camel as well, to navigate through the desert.

Everything is precious in the desert. The only personal wealth that can be transported in a desert is beauty. Wanting to convey any other material possession is folly for neither man nor beast will survive loaded with goods, in this arid universe scorched by the burning sun. This is why the nomad takes special care of his person, and soul, while the more sedentary persists in the quest for accumulation of objects and thoughts.

One who ventures into the desert take two camels: one to ride for himself and the second to carry his equipment and a supply of water in order to survive.

The other will be concerned to know and to find points of water for his only camel to drink, and for himself being able to rest and regenerate, and so continue his journey.

The desert is therefore crossed by two distinct categories of people. Some go there for trying to escape away from it, while others make it their territory. For some the desert has one entrance and one exit, a beginning and an end. For others it is a homogeneous space, infinite, in which they find their place continuously. That is why the nomadic live in the desert, while the sedentary carry on dreaming about it.

The desert has only two seasons: day and night. It comes to existence every morning at sunrise and it disappears in the cold at moonrise. So the desert breathes in and out in an  immutable way, and it remains in the permanence of its condition at all times.

The world outside of the desert is submitted to the cycle of four seasons. It runs out to be born, grows, shines and then it ages and dies. So it never knows its durability and constantly questions its own reality, without ever finding an answer.

 

La célébration de la fête de Hannukah, qui se déroule selon les années entre la fin du mois de novembre et la fin du mois de décembre, trouve ses origines à partir de l’an -165 du calendrier Grégorien.

Le Second Temple de Jérusalem ayant été pillé, suite à la guerre civile opposant les Juifs traditionalistes aux Juifs hellénisés, et la pratique du Judaïsme ayant été interdite à partir de -167, sur les ordres d’Antiochus IV Epiphanes, dirigeant de l’empire Séleucide, un autel à la gloire de Zeus fut élevé dans le temple, et des porcs y furent sacrifiés pendant environ deux ans.

La révolte des Juifs, menée en particulier par Yehuda HaMakabi (« Judah surnommé Le Marteau »), qui s’ensuivit contre le pouvoir Séleucide, eut comme conséquence la réouverture et la réhabilitation du Temple comme lieu de culte Juif en -165.

- Le Livre des Maccabées, volume 1, (rédigé entre -175 et -134) nous révèle qu’une célébration de 8 jours fut alors décidée, afin de compenser pour les 2 années célébration des fêtes de « Sukkot » et de « Shemini Atzeret » qui n’avaient pu tenir place faute de lieu de culte et en raison de l’interdiction de la pratique du Judaïsme.

- Le Talmud, dont la rédaction (Mishna, premier volume de la consignation par écrit des traditions orales Judaïques) commença plus de 300 ans après cet évènement, relate le fait que de l’huile d’olive fut utilisée en -165 pour servir de combustible dans les chandeliers (menorah) qui devaient se consumer durant 8 jours consécutifs dans le temple. Or selon le Talmud les Juifs ne disposaient pas d’assez d’huile d’olive pour cette durée. Toujours selon le Talmud, les chandeliers brûlèrent cependant durant 8 jours et 8 nuits consécutifs et c’est ce miracle qui fit décider aux Juifs d’instituer une fête récurrente annuelle par la suite.

Note : pour le lecteur qui n’est pas familier avec la religion Juive, il existe un ouvrage antérieur aux Livres des Maccabées et au Talmud, la Torah (« Ancien Testament »), dont la rédaction fut achevée vers -200), et qui ne fait évidemment pas mention de ces faits postérieurs.

Il est consigné dans la tradition Juive le fait qu’ « une Mitzvah (un des 613 commandements du Créateur) est une bougie, et la Torah est la lumière ».

Il est aussi consigné dans la tradition Juive que « l’âme de l’Homme est la bougie du Créateur ».

Dans les temps anciens, les rues des villes étaient éclairées par des lampes a huile, et il y avait une ou des personnes responsables de la mise en service et de l’extinction de ces lampes dans chaque communauté urbaine. Ces personnes utilisaient un brûleur installé au bout d’un long bâton pour réaliser ce travail.

Les lampes à huile étaient ainsi disposées prêtes à l’usage, attendant simplement d’être activées.

Dans les temps anciens, il y avait aussi d’autres lampes a huile, par exemple au sommet des phares ou bien même sur la mer. On allumait des feux sur les plages aussi pour éloigner les vaisseaux, leurs cargaisons et leurs passagers des côtes dangereuses.

Il y a aussi d’autres lampes qui se trouvent dans des endroits interdits ou isolés, tels les déserts.

Il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer toutes ces lampes, afin qu’elles puissent remplir leur fonction et éclairer le chemin des autres.

L’âme de l’Homme est la bougie du Créateur, nous enseigne ainsi la tradition. Telles les lampes ou les phares, nos âmes sont aussi toujours prêtes à être éclairées. Parfois l’âme de notre prochain est juste à côté, accessible, et parfois elle est perdue au milieu d’un désert ou à la dérive sur un océan.

L’enseignement de la tradition Juive nous apprend qu’il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer les lampes que sont nos âmes. Cet enseignement nous apprend aussi que celui ou celle qui se charge de cette mission doit souvent oublier son confort et ses priorités, pour, tel l’allumeur de réverbère avec son bâton, faire un effort afin d’atteindre le Vaisseau dans lequel brûlera la flamme.

- A partir du 17ème siècle, sous l’influence de Israel ben Eliezer (1698–1760), puis au 18ème siècle, sous l’influence de Rabbi Isroel « Baal Shem Tov » ben Eliezer (רבי ישראל בן אליעזר ; né le 22 mai 1760) le mouvement Hassidique « orthodoxe » Juif a pris forme, et celui çi justifie une partie de sa doctrine sur la privilégiature de l’individu et de sa sincérité intrinsèque, ainsi que sur la mise en prépondérance de la sainteté « cachée » de l’homme ordinaire. Ceci s’inscrit en contradiction avec la tradition Judaïque « légalistique » ancienne, qui concentrait la pratique religieuse sur la seule et stricte observance des préceptes du Talmud, et sur le confinement du privilège de communiquer et de réaliser les commandements du Créateur à une élite lettrée, régulière et non séculière, et investie de pouvoirs quasi prétoriens.

La signification de l’origine, de la pérennité et de la pertinence de la célébration de Hannukah parmi les Juifs peut alors être mieux comprise. Les messages du Livre des Maccabées, de la tradition orale Juive et du Talmud deviennent clairs. En effet, point n’est besoin d’être un « Chassidim » (un Juif Hassidique « orthodoxe ») ni d’être un Juif se prévalant d’une autre modalité du Judaïsme quelle qu’elle soit, pour être en mesure de réaliser la mission dont le Créateur a investi l’Homme.

La mission de tout Juif qui exerce sa foi est ainsi simplement d’assurer cette fonction de vecteur de l’illumination de l’autre.

La Providence Divine a précisément amené les Juifs, à travers l’Histoire, aux quatre coins du monde et dans les endroits les plus inattendus, à travers les déserts et les mers, comme il est d’ailleurs décrit dans la Torah (l’Ancien Testament), afin qu’ils puissent réaliser cette mission.

Tel est d’ailleurs, à mon avis, l’un des sens du concept de « Peuple élu », qu’il ne faut alors pas prendre au premier degré (dans l’interprétation sémantique du « seul » Peuple qui serait « élu », que certains Juifs adoptent avec une arrogance déplacée), mais bien au contraire considérer dans la perspective « d’un Peuple élu parmi les autres » pour la seule raison qu’il connaît cette vérité depuis sa genèse et que sa mission, et le bien-fondé de son existence et de sa pérennité, sont précisément justifiés par sa connaissance et la pratique, avec joie, de son devoir envers son prochain et envers l’Humanité.

Ainsi, Hannukah, le « Festival des Lumières », prend-il toute sa signification et sa splendeur.

Exercer un leadership stratégique

Publié: 31 octobre 2011 dans Management

Cet article s’inscrit dans le cadre de mon programme de formation Gestion Managériale de la Performance. Les qualités primordiales et les 5 domaines de compétence fondamentaux que doit exercer un leader/manager y sont étudiées. La capacité à Exercer un leadership stratégique est ici définie comme le premier domaine de compétence d’un Manager et divers principes et approches managériales supportant l’exercice de cette capacité y sont analysés et discutés.

La fonction du leadership est d’assurer l’institutionnalisation appropriée des valeurs d’une entreprise et ainsi de guider les actions de ses salariés. Ainsi le leadership est un des éléments essentiels d’une bonne gouvernance.

- Ce sont en effet les leaders qui seuls sont en mesure de concrétiser la stratégie de développement d’une entreprise. Leur rôle est d’inspirer aux autres la volonté d’être les vecteurs de la livraison d’un service plus performant et correspondant davantage aux besoins des clients ou usagers des services offerts par l’entreprise.

- Ce sont eux qui, par leur vision proactive du devenir de l’organisation et par le partage de cette vision, peuvent conduire le changement et faire cheminer l’entreprise vers la pérénnité et la prospérité.

Le leadership stratégique est défini par l’adoption d’un mode de pensée orientée vers la production de plans structurés en fonction de l’articulation et de l’enchaînement logique des priorités et s’inscrivant dans le cadre de calendriers réalistes permettant la production des résultats attendus.

- Il se réalise d’une part grâce à la capacité du leader à appréhender l’environnement externe et interne, pour en dégager une vision cohérente de l’intégration de l’organisation avec les orientations économiques.

- Il se réalise d’autre part à travers la concrétisation de cette vision et son partage avec les membres de l’organisation, puis grâce au ralliement des personnes au plan de mise en oeuvre de celle çi.

La responsabilité du leader est ainsi de mettre en évidence les valeurs et objectifs fondamentaux que cette vision incarne, et de démontrer de quelle manière elle reflète l’organisation dans laquelle elle s’inscrit.

Le leader stratégique elabore sa vision en fonction d’un environnement sans cesse en mutation, et s’engage personellement à encourager et promouvoir la créativité dans l’organisation. Il alimente aussi les efforts et initiatives de créativité afin de permettre aux différents acteurs de genérer des façons de faire plus performantes, dans l’intérêt général.

La vision stratégique se projette donc dans l’avenir et intègre des possibilités d’amélioration pour l’organisation. A partir de cette vision, le leader stratégique définit et pose des actions, prend ses décisions et les assume.

- Il est ainsi fondamental que tout leader, quelle que soit sa fonction (direction générale, manager ou chef de service, ou chef d’équipe), dispose dès son intégration à l’entreprise des informations et des ressources lui permettant d’acquérir la connaissance parfaite et exhaustive des valeurs et des objectifs fondamentaux de la structure au sein de laquelle qu’il sert.

- Le leader stratégique doit de plus disposer, et avoir la maîtrise, de méthodes, de techniques et d’outils qui lui permettront de matérialiser ses decisions et d’exprimer ses choix et plans d’action aux acteurs de l’organisation d’une manière claire et normalisée.

La relation entre un instructeur et son élève est principalement fondée sur la confiance de l’élève en la compétence et en les qualités éthiques de celui qui lui dispense un enseignement.

Il est essentiel pour un instructeur de disposer de l’accès à toutes les données et informations relatives à chacun de ses élèves. En effet seuls une intégration et un suivi personnalisés  de l’élève permettront d’atteindre les objectifs du programme de formation.

Cet article traite exclusivement en détail de l’aspect de l’intégration.

Je rédigerai par la suite un article au sujet des méthodes de suivi et un lien vers cet article sera inséré ici.

A l’effet d’admission dans un des cours que je dispense tels que KEN ou KI, un questionnaire strictement confidentiel doit être rempli par tout élève le jour de son intégration au cours ou programme. Ce questionnaire doit en particulier permettre d’obtenir un ensemble exhaustif d’informations sur les antécédents sociaux, médicaux et psychologiques de l’élève.

Ce questionnaire doit ensuite être exploité par l’instructeur et une synthèse du profil social, médical et psychologique de l’élève doit être réalisée par ses soins. Il doit si nécéssaire obtenir des informations, documents ou certificats médicaux supplémentaires,  et se renseigner auprès d’un tiers spécialiste de certaines pathologies ou désordres chroniques.  Il doit aussi dans certains cas avoir un entretien en privé avec l’élève pour discuter de sujets spécifiques. Ces documents constitueront la fiche de renseignements de l’élève et feront partie de son dossier.

Associées à cette fiche de renseignements, l’instructeur doit ensuite gérer une ou plusieurs fiches individuelles de progression pour chaque élève.

Le document type çi dessous contient le questionnaire, la fiche de synthèse, et les fiches de progression que j’utilise pour suivre les élèves de mon cours de stratégie du comportement et d’initiation aux Arts traditionnels Japonais.

lien vers document type

Au delà de remplir une fonction documentaire nécéssaire, le questionnaire initial permet d’établir une relation de confiance entre l’instructeur et son élève.

Je demande, par exemple, aux candidats élèves de mon cours de ‘stratégie du comprtement et initiation aux Arts traditionnels Japonais’, qui n’est pas un cours d’Arts martiaux mais un cours de développement personnel,  d’indiquer dans leur questionnaire si ils ont jamais été condamnés par un tribunal pour violences causées à autrui. Le questionnaire contient aussi un moyen d’indiquer si une situation de légitime défense a par ailleurs déjà été vécue par le candidat.

1 ► Dans le cas d’une réponse affirmative à la première question, j’ai ensuite un entretien en privé avec le candidat, durant lequel je le remercie tout d’abord pour son honnêteté et sa sincérité. Je lui demande ensuite, après l’avoir informé du fait que je n’ai aucune intention de, ni prérogative à, le juger d’une quelque manière que ce soit, de me raconter en détail ce qu’il a fait dans le passé. Après l’avoir écouté, je lui explique ensuite mon point de vue général sur le concept de la rédemption et sur mes valeurs personnelles relatives au droit de chacun à l’intégration ou à la réinsertion dans la société, quelles que soient leurs expériences passées.

Je lui demande ensuite d’exprimer en réponse à mes assertions, quel est son propre point de vue sur ces sujets, et de me dire de quelle manière il pense que son intégration dans mon cours lui sera bénéfique.

A la sortie de l’entretien deux cas sont possibles. Soit j’intègre le candidat, soit je lui demande un temps de réflexion avant de prendre une décision, je lui demande de m’autoriser (ou non) par écrit à prendre contact avec des tiers à son sujet, et je prends, si autorisé, contact avec des interlocuteurs spécialisés ou des tiers disposant de plus d’informations et habilités à m’aider à prendre ma décision.

Quel que soit le résultat, et même si le candidat finit par ne pas être intégré à mon école, suite à ma décision ou suite à la sienne, celui çi a été traité de manière équitable.

2 ► Dans le cas d’une réponse négative à la première question, le candidat aura découvert que je n’intègre pas n’importe qui n’importe comment pour lui mettre, par exemple, un sabre, même en bois, entre les mains au milieu d’un groupe d’élèves.

La relation de confiance entre un élève et son instructeur est ainsi fondamentale et elle doit être établie dès le démarrage de la relation entre les deux personnes.

La confiance s’établit ainsi par la découverte du respect mutuel.

Ce dernier principe est d’ailleurs l’un des piliers de la philosophie Japonaise et son domaine d’application s’étend à tous les Arts traditionnels de cette civilisation.

C’est précisément ce que je vous invite à découvrir en participant à mes programmes de formation dans ce domaine.