Pourim est l’une de mes fêtes préférées, à laquelle il est parfois fait référence d’être le « carnaval Juif », et je prends un plaisir à chaque fois renouvelé, tant à assister au service religieux à la synagogue à cette occasion, qu’à fêter la fin de la période de célébration.

En effet, tout d’abord, lors du service, et durant les deux heures environ que dure la célébration en synagogue, les participants sont invités à faire du bruit au moyen de trompettes, et de tout objet se trouvant à portée de la main. Ceci génère ce que l’on peut qualifier ‘un foutage de bordel’ total, qui entraîne une sorte d’hystérie collective, et déclenche des rires incontrôlables, tant au niveau de ceux qui sont assis dans la salle, qu’au niveau de celui ou de ceux qui officient en lisant la Méguila (le texte sacré consigné sur des rouleaux) dans l’enclos situé à cet effet au centre de la salle. Les enfants courent à travers la synagogue  et certains s’organisent en joyeuses bande ‘armées’ de crécelles, et aussi d’espèces de vuvuzelas déments desquels ils extirpent des sons à vous déchirer les oreilles. Le pandémonium devient parfois tel que l’officiant n’a par moments même plus la force de continuer à lire à haute voix, tellement il rit lui même.

De plus, et les instructions sont formelles dans la tradition Judaïque, et le Talmud, à la fin de la fête de Pourim, qui dure deux jours, nous devons festoyer, et boire du vin jusqu’à ce que nous soyons en état de totale ébriété. Des Hébreux en ébriété, quoi de plus naturel syntaxiquement et sémantiquement parlant, en effet ! J’oserai même le jeu de mots facile en ajoutant que c’est d’ailleurs à mon avis sémitiquement correct aussi.

Si vous ne trouvez pas cool une religion qui vous instruit de semer la bazar durant un service religieux, et vous prendre une cuite le lendemain, alors soit vous manquez totalement d’humour, soit c’est moi qui doit être distrait et quelque chose m’échappe. Je vais maintenant vous raconter pourquoi les Juifs se comportent de cette manière durant la fête de Pourim, ce qu’ils célèbrent vraiment, et le comment. du pourquoi.

La célébration de la fête de Pourim (hébreu : ימי הפורים Yemei haPûrîm « Jours des sorts »), qui se déroule selon les années soit en milieu de mois de février, soit en milieu de mois de mars, trouve ses origines à partir du IVème siècle précédant la date de départ du calendrier Grégorien.

Il s’agit d’une fête d’origine biblique mais d’institution rabbinique, et qui commémore les événements relatés dans le « Livre d’Esther ». Ceux-ci ont été vécus par les Juifs comme la délivrance miraculeuse d’un massacre de grande ampleur, planifié à leur encontre par  Haman l’Agaggite dans tout l’Empire perse au temps de sa splendeur.

Selon ce récit, dont certains jugent l’historicité douteuse, le roi Assuérus prend pour femme Esther bat AVihail, une belle jeune femme qui tient secrètes ses origines judéennes sur les conseils de son parent Mardochée. Celui-ci sauve le roi d’un complot.

Peu après, Haman, fils de Hamedata monte en faveur auprès du roi. Outré par le fait que Mardochée ne s’incline pas devant lui alors que le protocole établi par le roi l’y oblige, il fait publier au nom du souverain et avec son accord un impôt royal impossible à payer, à prélever sur les Judéens vivant dans les 127 provinces de l’empire achéménide (où vit la quasi-totalité de la population juive de l’époque) ; en cas de non-paiement, ils seront mis à mort et leurs possessions saisies.

Sur l’insistance de Mardochée, Esther vient trouver le roi (au péril de sa vie). Elle l’invite à un festin avec Haman sans dévoiler ses motifs et les convie à un second festin. Troublé, Assuérus se fait lire les annales royales pour occuper ses insomnies et prend connaissance de sa dette envers Mardochée. Il le récompense par des honneurs devant un Haman dépité. Lors du second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot qui vise les siens. Haman est pendu à la potence même qu’il réservait à Mardochée et les Juifs sont autorisés à se défendre contre leurs assaillants. Après un jour de batailles, les Juifs célèbrent dans l’allégresse ces retournements du sort et une fête est instituée pour les générations à venir.

Première signification

L’histoire apparemment profane et décousue du Livre d’Esther décrit en réalité le plan d’un Dieu qui agit « en voilant sa face » (hébreu : הסתר פנים Hester panim). Le nom de l’héroïne fait d’ailleurs allusion à cette considération. L’affrontement entre Mardochée et Haman illustre et réactualise la lutte perpétuelle que se livrent Israël et Amalek (un peuple mentionné maintes fois dans l’Ancien Testament). L’ensemble du récit induit ainsi que la fête de Pourim célèbre en fait une rédemption bien particulière.

La rédemption de Pourim fait aussi écho à celle qui se produit un mois plus tard, à Pessa’h (voir mon article séparé au sujet de Pessa’h). À de nombreux égards, les rédemptions de Pessa’h et Pourim sont opposées. Dans la rédemption de Pessa’h, les Hébreux d’Égypte sont un peuple sans droit, sauvé par l’intervention directe de Dieu qui les fait sortir d’Égypte. Dans celle de Pourim les Juifs de Perse sont intégrés à leur nation et trouvent leur salut dans une intervention humaine qui renforce leur présence dans leur pays d’accueil.

Le pandémonium

Revenons-en à la question, plus légère, du vacarme durant la lecture de la Meguila. Jusqu’au XIème siècle, l’histoire retient qu’il n’était en fait pas question de faire du bruit durant l’office de Pourim. Cette tradition a été instaurée par les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot, qui sont des gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud) et qui étaient des rabbins médiévaux du XIème au XIVème siècle, localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne.

Les Tossafistes instaurèrent la pratique de cogner des morceaux de bois sur lesquels était marqué le nom de Haman afin de se conformer au commandement biblique « d’effacer le nom d’Amalek, même du bois et de la pierre » ; cette pratique a évolué au fil du temps pour donner lieu à une cacophonie de sifflements, crécelles et autres manifestations bruyantes à la mention du nom de Haman durant le service.

Voilà donc ce qui se passe durant la lecture de la Meguila : dès que le nom de Haman est prononcé (et il l’est des centaines de fois dans le texte), on doit faire le plus de bruit possible.

Le festin et l’ébriété

Les rabbins ayant remarqué que le mishte (festin alcoolisé) figure de manière proéminente dans le Livre d’Esther, en concluent que « le miracle a eu lieu grâce au vin » ; par conséquent, les festins prescrits en fin de Livre doivent être fortement alcoolisés. Les instructions qui nous sont données sont que « l’on doit « se parfumer » (s’enivrer) à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer « maudit soit Haman ! » de « béni soit Mardochée ! » » lorsque l’on prononce ces mots à voix haute.

Cette préscription rabbinique est aussi à l’origine des premiers chefs-d’œuvre de la littérature parodique Juive, dont la Massekhet Pourim ; rédigé au XIVème siècle par Kalonymus ben Kalomymus, qui était d’ailleurs un rabbin Provencal né à Arles en 1286, dans le style du Talmud, ce « traité de Pourim » prescrit de s’enivrer joyeusement et proscrit formellement l’eau. C’est par la suite que la tradition commencera à aussi inclure des pièces de théatre jouées en public à Pourim, et sur les bases desquelles le théâtre Yiddish commencera à se développer au XVIIIe siècle. En Italie, les célébrations mettant en scène l’exécution mi-solennelle mi-burlesque de Haman, par la mise à feu d’une effigie, fait place aux mascarades, introduites vers la fin du XVe siècle sous l’influence des carnavals romains.

Seconde signification

La journée de célébration de la fin Pourim se passe ensuite dans la liesse et l’exubérance, les échanges de cadeaux et les dons aux démunis.

L’envoi de colis alimentaires (hébreu : משלוח מנות Mishloah manot) incombe à toute personne ayant atteint la majorité religieuse (12 ans pour les filles, 13 pour les garçons), y compris les endeuillés. Il faut, pour s’en acquitter, envoyer au moins deux plats prêts à être consommés à une personne le jour de Pourim même (les femmes envoient aux femmes, les hommes aux hommes).

La prescription des dons aux démunis (hébreu : מתנות לאביונים matanot laèvyonim) nécessite de faire un don à deux pauvres au moins ; elle a priorité sur le mishloah manot car la réjouissance des pauvres revêt, selon la tradition, une importance particulière devant Dieu. Il convient de ne pas faire de distinction entre quiconque et toute personne prête à accepter le don peut en bénéficier, y compris un non-Juif.

La symbolique de Pourim et sa signification globale apparaissent ainsi plus clairement. Au delà de la rédemption et de la libération potentiellement trouvées gràce à une intervention humaine, et gràce à elle seule, et pour les Juifs qui sont dispersés hors d’Israël, il existe une seconde rédemption qui se manifeste à travers la simple joie de vivre, et par le don matériel tant de la nourriture que de ce qui peut être nécéssaire à autrui et lui manquer. L’excès prêché durant la féte de Pourim est en fait une invitation à la modération le reste du temps.

Au delà de l’apparente célébration d’une quelconque vengance, ou d’une volonté de destruction, à l’égard d’Amalek, et justement par la réalisation des actes carnavalesques ou de travestissement, et tels que la destruction par le feu de l’effigie de Haman, et les autres attitudes excessives, incluant les mascarades, le message transmis par Pourim est que le Juif doit trouver un moyen de ne pas faire la différence entre son ami ou son ennemi, qui qu’il soit. C’est pour celà que « maudit soit Haman ! » deviendra identique à « béni soit Mardochée ! ».

La rédemption des Hébreux d’Égypte s’est ainsi accomplie à l’origine par l’intervention directe de Dieu. Par contre la rédemption des Juifs exilés ne peut s’accomplir que par l’intervention humaine. Le vecteur de cette rédemption est l’exécution par les Juifs du plan de Dieu qui agit « en voilant sa face » (hébreu : הסתר פנים Hester panim) c’est à dire de Dieu qui leur procure, par une voie indirecte, un moyen de choisir et de décider de quelle manière ils réaliseront leur mission. Ils disposent de la capacité à l’excès, et des ressources pour l’entretenir s’ils le désirent. Ils peuvent se saouler, se laisser aller à des manifestations blasphématoires, se faire la guerre et s’entretuer s’ils le veulent. Ils peuvent aussi, même s’ils sont soumis aux passions et à l’excès, agir de telle manière qu’ils rétablissent et maintiennent l’ordre des choses.

La mission des Juifs consiste ainsi en la construction de rapports d’égalité entre tous les Hommes, sans distinction de Judéité, d’Hébraisme, de genre, ou de quelque condition ni appartenance à un peuple quel qu’il soit. Tel est l’enseignement que nous pouvons apprendre de Pourim.

 

Français

L’un se demande comment il pourrait monter, du sol, sur le dos d’un chameau, et il ne voit en cette monture qu’un moyen de se déplacer plus rapidement pour traverser le désert.

L’autre, en contraste, apprend au chameau à s’asseoir, puis il lui apprend à se relever. Il s’éduque ainsi lui-même, et il forme de même sa monture, pour naviguer à travers le désert.

Tout est précieux dans le désert. La seule richesse personnelle qui puisse y être transportée est celle de la beauté. Vouloir y convoyer toute autre possession matérielle est une folie car ni homme ni bête ne survivront chargés de biens, dans cet univers aride et brûlant de soleil. C’est pourquoi le nomade prend particulièrement soin de sa personne, et de son âme, alors que le sédentaire s’acharne plutôt à l’accumulation des objets et des pensées.

L’un qui s’aventure dans le désert emmènera deux chameaux : le premier pour sa monture et le second pour transporter son matériel et une réserve d’eau, afin de pouvoir y survivre.

L’autre ne se préoccupera que de connaître et de trouver les points d’eau pour y abreuver sa seule monture, pouvoir s’y reposer et se régénérer, et ainsi continuer sa route.

Ainsi le désert est-il traversé par deux catégories bien distinctes de personnes. Les unes n’y passent que pour chercher à en sortir, alors que les autres en font leur territoire. Pour les uns le désert à une entrée et une sortie, un commencement et une fin. Pour les autres il n’est qu’un espace homogène, infini, dans lequel ils trouvent leur place de manière continue. C’est pourquoi le nomade vit dans le désert, alors que le sédentaire ne fait qu’y rêver.

Le désert n’a que deux saisons : le jour et la nuit. Il naît chaque matin au lever du soleil et il disparaît dans le froid au lever de la lune. Ainsi il inspire et expire de manière immuable et reste dans la permanence de son état à tout moment.

Le monde hors du désert est par contre soumis au cycle des quatre saisons. Il s’épuise ainsi à naître, à grandir, à resplendir puis à vieillir. Ainsi il ne connaît jamais sa pérennité et s’interroge constamment sur sa propre réalité, sans jamais pouvoir trouver de réponse.

 

English translation

One wonders how he could rise from the ground and climb on the back of a camel. He sees the camel in this way as a mere means to move faster to cross the desert.

The other, in contrast, teaches the camel how to to sit, then he teaches the camel to stand up. He educates himself, and his camel as well, to navigate through the desert.

Everything is precious in the desert. The only personal wealth that can be transported in a desert is beauty. Wanting to convey any other material possession is folly for neither man nor beast will survive loaded with goods, in this arid universe scorched by the burning sun. This is why the nomad takes special care of his person, and soul, while the more sedentary persists in the quest for accumulation of objects and thoughts.

One who ventures into the desert take two camels: one to ride for himself and the second to carry his equipment and a supply of water in order to survive.

The other will be concerned to know and to find points of water for his only camel to drink, and for himself being able to rest and regenerate, and so continue his journey.

The desert is therefore crossed by two distinct categories of people. Some go there for trying to escape away from it, while others make it their territory. For some the desert has one entrance and one exit, a beginning and an end. For others it is a homogeneous space, infinite, in which they find their place continuously. That is why the nomadic live in the desert, while the sedentary carry on dreaming about it.

The desert has only two seasons: day and night. It comes to existence every morning at sunrise and it disappears in the cold at moonrise. So the desert breathes in and out in an  immutable way, and it remains in the permanence of its condition at all times.

The world outside of the desert is submitted to the cycle of four seasons. It runs out to be born, grows, shines and then it ages and dies. So it never knows its durability and constantly questions its own reality, without ever finding an answer.

 

La célébration de la fête de Hannukah, qui se déroule selon les années entre la fin du mois de novembre et la fin du mois de décembre, trouve ses origines à partir de l’an -165 du calendrier Grégorien.

Le Second Temple de Jérusalem ayant été pillé, suite à la guerre civile opposant les Juifs traditionalistes aux Juifs hellénisés, et la pratique du Judaïsme ayant été interdite à partir de -167, sur les ordres d’Antiochus IV Epiphanes, dirigeant de l’empire Séleucide, un autel à la gloire de Zeus fut élevé dans le temple, et des porcs y furent sacrifiés pendant environ deux ans.

La révolte des Juifs, menée en particulier par Yehuda HaMakabi (« Judah surnommé Le Marteau »), qui s’ensuivit contre le pouvoir Séleucide, eut comme conséquence la réouverture et la réhabilitation du Temple comme lieu de culte Juif en -165.

- Le Livre des Maccabées, volume 1, (rédigé entre -175 et -134) nous révèle qu’une célébration de 8 jours fut alors décidée, afin de compenser pour les 2 années célébration des fêtes de « Sukkot » et de « Shemini Atzeret » qui n’avaient pu tenir place faute de lieu de culte et en raison de l’interdiction de la pratique du Judaïsme.

- Le Talmud, dont la rédaction (Mishna, premier volume de la consignation par écrit des traditions orales Judaïques) commença plus de 300 ans après cet évènement, relate le fait que de l’huile d’olive fut utilisée en -165 pour servir de combustible dans les chandeliers (menorah) qui devaient se consumer durant 8 jours consécutifs dans le temple. Or selon le Talmud les Juifs ne disposaient pas d’assez d’huile d’olive pour cette durée. Toujours selon le Talmud, les chandeliers brûlèrent cependant durant 8 jours et 8 nuits consécutifs et c’est ce miracle qui fit décider aux Juifs d’instituer une fête récurrente annuelle par la suite.

Note : pour le lecteur qui n’est pas familier avec la religion Juive, il existe un ouvrage antérieur aux Livres des Maccabées et au Talmud, la Torah (« Ancien Testament »), dont la rédaction fut achevée vers -200), et qui ne fait évidemment pas mention de ces faits postérieurs.

Il est consigné dans la tradition Juive le fait qu’ « une Mitzvah (un des 613 commandements du Créateur) est une bougie, et la Torah est la lumière ».

Il est aussi consigné dans la tradition Juive que « l’âme de l’Homme est la bougie du Créateur ».

Dans les temps anciens, les rues des villes étaient éclairées par des lampes a huile, et il y avait une ou des personnes responsables de la mise en service et de l’extinction de ces lampes dans chaque communauté urbaine. Ces personnes utilisaient un brûleur installé au bout d’un long bâton pour réaliser ce travail.

Les lampes à huile étaient ainsi disposées prêtes à l’usage, attendant simplement d’être activées.

Dans les temps anciens, il y avait aussi d’autres lampes a huile, par exemple au sommet des phares ou bien même sur la mer. On allumait des feux sur les plages aussi pour éloigner les vaisseaux, leurs cargaisons et leurs passagers des côtes dangereuses.

Il y a aussi d’autres lampes qui se trouvent dans des endroits interdits ou isolés, tels les déserts.

Il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer toutes ces lampes, afin qu’elles puissent remplir leur fonction et éclairer le chemin des autres.

L’âme de l’Homme est la bougie du Créateur, nous enseigne ainsi la tradition. Telles les lampes ou les phares, nos âmes sont aussi toujours prêtes à être éclairées. Parfois l’âme de notre prochain est juste à côté, accessible, et parfois elle est perdue au milieu d’un désert ou à la dérive sur un océan.

L’enseignement de la tradition Juive nous apprend qu’il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer les lampes que sont nos âmes. Cet enseignement nous apprend aussi que celui ou celle qui se charge de cette mission doit souvent oublier son confort et ses priorités, pour, tel l’allumeur de réverbère avec son bâton, faire un effort afin d’atteindre le Vaisseau dans lequel brûlera la flamme.

- A partir du 17ème siècle, sous l’influence de Israel ben Eliezer (1698–1760), puis au 18ème siècle, sous l’influence de Rabbi Isroel « Baal Shem Tov » ben Eliezer (רבי ישראל בן אליעזר ; né le 22 mai 1760) le mouvement Hassidique « orthodoxe » Juif a pris forme, et celui çi justifie une partie de sa doctrine sur la privilégiature de l’individu et de sa sincérité intrinsèque, ainsi que sur la mise en prépondérance de la sainteté « cachée » de l’homme ordinaire. Ceci s’inscrit en contradiction avec la tradition Judaïque « légalistique » ancienne, qui concentrait la pratique religieuse sur la seule et stricte observance des préceptes du Talmud, et sur le confinement du privilège de communiquer et de réaliser les commandements du Créateur à une élite lettrée, régulière et non séculière, et investie de pouvoirs quasi prétoriens.

La signification de l’origine, de la pérennité et de la pertinence de la célébration de Hannukah parmi les Juifs peut alors être mieux comprise. Les messages du Livre des Maccabées, de la tradition orale Juive et du Talmud deviennent clairs. En effet, point n’est besoin d’être un « Chassidim » (un Juif Hassidique « orthodoxe ») ni d’être un Juif se prévalant d’une autre modalité du Judaïsme quelle qu’elle soit, pour être en mesure de réaliser la mission dont le Créateur a investi l’Homme.

La mission de tout Juif qui exerce sa foi est ainsi simplement d’assurer cette fonction de vecteur de l’illumination de l’autre.

La Providence Divine a précisément amené les Juifs, à travers l’Histoire, aux quatre coins du monde et dans les endroits les plus inattendus, à travers les déserts et les mers, comme il est d’ailleurs décrit dans la Torah (l’Ancien Testament), afin qu’ils puissent réaliser cette mission.

Tel est d’ailleurs, à mon avis, l’un des sens du concept de « Peuple élu », qu’il ne faut alors pas prendre au premier degré (dans l’interprétation sémantique du « seul » Peuple qui serait « élu », que certains Juifs adoptent avec une arrogance déplacée), mais bien au contraire considérer dans la perspective « d’un Peuple élu parmi les autres » pour la seule raison qu’il connaît cette vérité depuis sa genèse et que sa mission, et le bien-fondé de son existence et de sa pérennité, sont précisément justifiés par sa connaissance et la pratique, avec joie, de son devoir envers son prochain et envers l’Humanité.

Ainsi, Hannukah, le « Festival des Lumières », prend-il toute sa signification et sa splendeur.

Exercer un leadership stratégique

Publié: 31 octobre 2011 dans Management

Cet article s’inscrit dans le cadre de mon programme de formation Gestion Managériale de la Performance. Les qualités primordiales et les 5 domaines de compétence fondamentaux que doit exercer un leader/manager y sont étudiées. La capacité à Exercer un leadership stratégique est ici définie comme le premier domaine de compétence d’un Manager et divers principes et approches managériales supportant l’exercice de cette capacité y sont analysés et discutés.

La fonction du leadership est d’assurer l’institutionnalisation appropriée des valeurs d’une entreprise et ainsi de guider les actions de ses salariés. Ainsi le leadership est un des éléments essentiels d’une bonne gouvernance.

- Ce sont en effet les leaders qui seuls sont en mesure de concrétiser la stratégie de développement d’une entreprise. Leur rôle est d’inspirer aux autres la volonté d’être les vecteurs de la livraison d’un service plus performant et correspondant davantage aux besoins des clients ou usagers des services offerts par l’entreprise.

- Ce sont eux qui, par leur vision proactive du devenir de l’organisation et par le partage de cette vision, peuvent conduire le changement et faire cheminer l’entreprise vers la pérénnité et la prospérité.

Le leadership stratégique est défini par l’adoption d’un mode de pensée orientée vers la production de plans structurés en fonction de l’articulation et de l’enchaînement logique des priorités et s’inscrivant dans le cadre de calendriers réalistes permettant la production des résultats attendus.

- Il se réalise d’une part grâce à la capacité du leader à appréhender l’environnement externe et interne, pour en dégager une vision cohérente de l’intégration de l’organisation avec les orientations économiques.

- Il se réalise d’autre part à travers la concrétisation de cette vision et son partage avec les membres de l’organisation, puis grâce au ralliement des personnes au plan de mise en oeuvre de celle çi.

La responsabilité du leader est ainsi de mettre en évidence les valeurs et objectifs fondamentaux que cette vision incarne, et de démontrer de quelle manière elle reflète l’organisation dans laquelle elle s’inscrit.

Le leader stratégique elabore sa vision en fonction d’un environnement sans cesse en mutation, et s’engage personellement à encourager et promouvoir la créativité dans l’organisation. Il alimente aussi les efforts et initiatives de créativité afin de permettre aux différents acteurs de genérer des façons de faire plus performantes, dans l’intérêt général.

La vision stratégique se projette donc dans l’avenir et intègre des possibilités d’amélioration pour l’organisation. A partir de cette vision, le leader stratégique définit et pose des actions, prend ses décisions et les assume.

- Il est ainsi fondamental que tout leader, quelle que soit sa fonction (direction générale, manager ou chef de service, ou chef d’équipe), dispose dès son intégration à l’entreprise des informations et des ressources lui permettant d’acquérir la connaissance parfaite et exhaustive des valeurs et des objectifs fondamentaux de la structure au sein de laquelle qu’il sert.

- Le leader stratégique doit de plus disposer, et avoir la maîtrise, de méthodes, de techniques et d’outils qui lui permettront de matérialiser ses decisions et d’exprimer ses choix et plans d’action aux acteurs de l’organisation d’une manière claire et normalisée.

La relation entre un instructeur et son élève est principalement fondée sur la confiance de l’élève en la compétence et en les qualités éthiques de celui qui lui dispense un enseignement.

Il est essentiel pour un instructeur de disposer de l’accès à toutes les données et informations relatives à chacun de ses élèves. En effet seuls une intégration et un suivi personnalisés  de l’élève permettront d’atteindre les objectifs du programme de formation.

Cet article traite exclusivement en détail de l’aspect de l’intégration.

Je rédigerai par la suite un article au sujet des méthodes de suivi et un lien vers cet article sera inséré ici.

A l’effet d’admission dans un des cours que je dispense tels que KEN ou KI, un questionnaire strictement confidentiel doit être rempli par tout élève le jour de son intégration au cours ou programme. Ce questionnaire doit en particulier permettre d’obtenir un ensemble exhaustif d’informations sur les antécédents sociaux, médicaux et psychologiques de l’élève.

Ce questionnaire doit ensuite être exploité par l’instructeur et une synthèse du profil social, médical et psychologique de l’élève doit être réalisée par ses soins. Il doit si nécéssaire obtenir des informations, documents ou certificats médicaux supplémentaires,  et se renseigner auprès d’un tiers spécialiste de certaines pathologies ou désordres chroniques.  Il doit aussi dans certains cas avoir un entretien en privé avec l’élève pour discuter de sujets spécifiques. Ces documents constitueront la fiche de renseignements de l’élève et feront partie de son dossier.

Associées à cette fiche de renseignements, l’instructeur doit ensuite gérer une ou plusieurs fiches individuelles de progression pour chaque élève.

Le document type çi dessous contient le questionnaire, la fiche de synthèse, et les fiches de progression que j’utilise pour suivre les élèves de mon cours de stratégie du comportement et d’initiation aux Arts traditionnels Japonais.

lien vers document type

Au delà de remplir une fonction documentaire nécéssaire, le questionnaire initial permet d’établir une relation de confiance entre l’instructeur et son élève.

Je demande, par exemple, aux candidats élèves de mon cours de ‘stratégie du comprtement et initiation aux Arts traditionnels Japonais’, qui n’est pas un cours d’Arts martiaux mais un cours de développement personnel,  d’indiquer dans leur questionnaire si ils ont jamais été condamnés par un tribunal pour violences causées à autrui. Le questionnaire contient aussi un moyen d’indiquer si une situation de légitime défense a par ailleurs déjà été vécue par le candidat.

1 ► Dans le cas d’une réponse affirmative à la première question, j’ai ensuite un entretien en privé avec le candidat, durant lequel je le remercie tout d’abord pour son honnêteté et sa sincérité. Je lui demande ensuite, après l’avoir informé du fait que je n’ai aucune intention de, ni prérogative à, le juger d’une quelque manière que ce soit, de me raconter en détail ce qu’il a fait dans le passé. Après l’avoir écouté, je lui explique ensuite mon point de vue général sur le concept de la rédemption et sur mes valeurs personnelles relatives au droit de chacun à l’intégration ou à la réinsertion dans la société, quelles que soient leurs expériences passées.

Je lui demande ensuite d’exprimer en réponse à mes assertions, quel est son propre point de vue sur ces sujets, et de me dire de quelle manière il pense que son intégration dans mon cours lui sera bénéfique.

A la sortie de l’entretien deux cas sont possibles. Soit j’intègre le candidat, soit je lui demande un temps de réflexion avant de prendre une décision, je lui demande de m’autoriser (ou non) par écrit à prendre contact avec des tiers à son sujet, et je prends, si autorisé, contact avec des interlocuteurs spécialisés ou des tiers disposant de plus d’informations et habilités à m’aider à prendre ma décision.

Quel que soit le résultat, et même si le candidat finit par ne pas être intégré à mon école, suite à ma décision ou suite à la sienne, celui çi a été traité de manière équitable.

2 ► Dans le cas d’une réponse négative à la première question, le candidat aura découvert que je n’intègre pas n’importe qui n’importe comment pour lui mettre, par exemple, un sabre, même en bois, entre les mains au milieu d’un groupe d’élèves.

La relation de confiance entre un élève et son instructeur est ainsi fondamentale et elle doit être établie dès le démarrage de la relation entre les deux personnes.

La confiance s’établit ainsi par la découverte du respect mutuel.

Ce dernier principe est d’ailleurs l’un des piliers de la philosophie Japonaise et son domaine d’application s’étend à tous les Arts traditionnels de cette civilisation.

C’est précisément ce que je vous invite à découvrir en participant à mes programmes de formation dans ce domaine.

Mobiliser les personnes

Publié: 24 août 2011 dans Management

Cet article s’inscrit dans le cadre de mon programme de formation Gestion Manageriale de la Performance. Les 22 qualités primordiales et les 5 domaines de compétence fondamentaux que doit exercer un leader/manager y sont étudiées. La capacité à Mobiliser les personnes est ici définie comme le second domaine de compétence d’un Manager et les quatre piliers et axes stratégiques supportant l’exercice de cette capacité y sont analysés et discutés

Cliquez l’icône çi dessus pour visualiser la liste des domaines de compétence

 L’économie du savoir est en voie de remplacer l’économie de la production. C’est déjà la réalité dans de nombreux pays.

Cette nouvelle économie fait des connaissances et des compétences les paramètres de la compétitivité des entreprises. Ainsi, une entreprise compétitive doit développer le potentiel de ses employés, miser sur le perfectionnement de leurs connaissances et de leurs compétences pour les rendre aptes à contribuer au savoir collectif et rendre ainsi l’entreprise concurrentielle tant au niveau de son administration que de ses équipes opérationnelles.

Un Manager performant doit donc démontrer sa capacité de rallier les personnes autour d’une vision et de valeurs communes, en créant une dynamique de travail harmonieuse dans laquelle la contribution de chacun est reconnue, tout en assurant le développement et la pérennité de l’expertise.

• Dans ce contexte, les Managers s’assurent du transfert d’expertise entre les membres de leurs équipes, surtout dans la perspective où des départs à la retraite pourraient être prévus, pour que le savoir des organisations qu’ils servent soit préservé. Ils s’efforcent également d’attirer et de conserver dans leur organisation du personnel hautement qualifié.

C’est en instaurant une gestion axée sur la performance par le biais de la mobilisation des personnes que les Managers peuvent contribuer à engager leurs entreprises dans cette économie du savoir. Or, pour mobiliser la main-d’oeuvre du savoir, il faut répondre à sa soif de connaissance et à son besoin de se développer et d’être plus responsabilisée.

• Pour ce faire, les Managers misent sur l’établissement d’une nouvelle forme d’autorité basée sur la transmission d’une vision et de projets communs et sur le partage de valeurs plutôt que sur le commandement légitimé par une position hiérarchique.

• La transmission d’une vision claire donne simultanément un sens aux actions des employés et une certaine souplesse. Cette vision se traduit par des projets communs qui sont à la fois suffisamment exaltants pour susciter l’adhésion des employés à leur concrétisation et leur permet également de générer des solutions nouvelles pour améliorer au long terme la performance de l’organisation.

Le Manager doit d’une part veiller à ce que les employés bénéficient de soutien et d’écoute dans la réalisation des mandats qui leur sont attribués et, d’autre part, il crée une dynamique contributive à l’atteinte des résultats.

• La diversité imposée par les réalités du marché du recrutement combinée à l’augmentation de la demande de productivité faite aux employés dans un contexte de rationalisation accroît les risques de conflits.

Il relève ainsi du Manager de s’assurer que les conflits sont résolus et que les protagonistes trouvent entre eux des solutions permettant de renforcer la qualité de leurs liens pour être à même de contribuer à la performance globale de l’organisation.

Cliquez l’icône çi dessus pour visualiser la hiérarchie des 22 qualités primordiales

Le positionnement de la pièce du « puzzle » représentant le processus de mobilisation des personnes en intégration dans l’équation de l’éfficacité managériale, peut être visualisé en cliquant l’icône çi dessous.

Bienvenue !

Publié: 15 août 2011 dans Général

C’est avec plaisir que je vous accueille ici aujourd’hui.

Je suis formateur et coach en entreprises. Je suis aussi professeur d’Arts martiaux Japonais (Iaido, Kendo et Aiki).

Les programmes  que je crée et que j’enseigne incluent d’une part les éléments techniques et méthodologiques appliqués aux missions spécifiques que mes élèves ont à accomplir dans leur activité professionnelle.

Ils  comprennent d’autre part des éléments pédagogiques adaptés qui sont regroupés dans un ensemble de modules de cours et d’exercices que j’ai intitulé « Stratégie du Comportement – Copyright ©  Philippe Pradel, 1995-2011″.

Je vous invite à découvrir les programmes de formation que je dispense en cliquant sur l’onglet « Formations » en haut à gauche de l’écran. L’onglet « Méthodologies » vous donnera accès à l’organisation pédagogique de mes cours et programmes.

Je vous invite aussi à consulter ma Biographie pour en savoir plus au sujet de mes diplômes, certifications et expériences professionnelles.

Vous trouverez aussi dans ce blog des articles sur différents sujets.

Je vous remercie de poster vos commentaires et de prendre contact avec moi si vous désirez plus d’informations sur quelque sujet que ce soit.

Vous pouvez me joindre sur deux réseaux sociaux

Vous pouvez voir mes vidéos d’Arts martiaux en cliquant çi dessous

Vous pouvez consulter mon portfolio en ligne en cliquant çi dessous