Hannukah, origines et signification de cette célébration Juive

Publié: 20 décembre 2011 dans Société

La célébration de la fête de Hannukah, qui se déroule selon les années entre la fin du mois de novembre et la fin du mois de décembre, trouve ses origines à partir de l’an -165 du calendrier Grégorien.

Le Second Temple de Jérusalem ayant été pillé, suite à la guerre civile opposant les Juifs traditionalistes aux Juifs hellénisés, et la pratique du Judaïsme ayant été interdite à partir de -167, sur les ordres d’Antiochus IV Epiphanes, dirigeant de l’empire Séleucide, un autel à la gloire de Zeus fut élevé dans le temple, et des porcs y furent sacrifiés pendant environ deux ans.

La révolte des Juifs, menée en particulier par Yehuda HaMakabi (« Judah surnommé Le Marteau »), qui s’ensuivit contre le pouvoir Séleucide, eut comme conséquence la réouverture et la réhabilitation du Temple comme lieu de culte Juif en -165.

– Le Livre des Maccabées, volume 1, (rédigé entre -175 et -134) nous révèle qu’une célébration de 8 jours fut alors décidée, afin de compenser pour les 2 années célébration des fêtes de « Sukkot » et de « Shemini Atzeret » qui n’avaient pu tenir place faute de lieu de culte et en raison de l’interdiction de la pratique du Judaïsme.

– Le Talmud, dont la rédaction (Mishna, premier volume de la consignation par écrit des traditions orales Judaïques) commença plus de 300 ans après cet évènement, relate le fait que de l’huile d’olive fut utilisée en -165 pour servir de combustible dans les chandeliers (menorah) qui devaient se consumer durant 8 jours consécutifs dans le temple. Or selon le Talmud les Juifs ne disposaient pas d’assez d’huile d’olive pour cette durée. Toujours selon le Talmud, les chandeliers brûlèrent cependant durant 8 jours et 8 nuits consécutifs et c’est ce miracle qui fit décider aux Juifs d’instituer une fête récurrente annuelle par la suite.

Note : pour le lecteur qui n’est pas familier avec la religion Juive, il existe un ouvrage antérieur aux Livres des Maccabées et au Talmud, la Torah (« Ancien Testament »), dont la rédaction fut achevée vers -200), et qui ne fait évidemment pas mention de ces faits postérieurs.

Il est consigné dans la tradition Juive le fait qu’ « une Mitzvah (un des 613 commandements du Créateur) est une bougie, et la Torah est la lumière ».

Il est aussi consigné dans la tradition Juive que « l’âme de l’Homme est la bougie du Créateur ».

Dans les temps anciens, les rues des villes étaient éclairées par des lampes a huile, et il y avait une ou des personnes responsables de la mise en service et de l’extinction de ces lampes dans chaque communauté urbaine. Ces personnes utilisaient un brûleur installé au bout d’un long bâton pour réaliser ce travail.

Les lampes à huile étaient ainsi disposées prêtes à l’usage, attendant simplement d’être activées.

Dans les temps anciens, il y avait aussi d’autres lampes a huile, par exemple au sommet des phares ou bien même sur la mer. On allumait des feux sur les plages aussi pour éloigner les vaisseaux, leurs cargaisons et leurs passagers des côtes dangereuses.

Il y a aussi d’autres lampes qui se trouvent dans des endroits interdits ou isolés, tels les déserts.

Il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer toutes ces lampes, afin qu’elles puissent remplir leur fonction et éclairer le chemin des autres.

L’âme de l’Homme est la bougie du Créateur, nous enseigne ainsi la tradition. Telles les lampes ou les phares, nos âmes sont aussi toujours prêtes à être éclairées. Parfois l’âme de notre prochain est juste à côté, accessible, et parfois elle est perdue au milieu d’un désert ou à la dérive sur un océan.

L’enseignement de la tradition Juive nous apprend qu’il doit toujours se trouver quelqu’un pour allumer les lampes que sont nos âmes. Cet enseignement nous apprend aussi que celui ou celle qui se charge de cette mission doit souvent oublier son confort et ses priorités, pour, tel l’allumeur de réverbère avec son bâton, faire un effort afin d’atteindre le Vaisseau dans lequel brûlera la flamme.

– A partir du 17ème siècle, sous l’influence de Israel ben Eliezer (1698–1760), puis au 18ème siècle, sous l’influence de Rabbi Isroel « Baal Shem Tov » ben Eliezer (רבי ישראל בן אליעזר ; né le 22 mai 1760) le mouvement Hassidique « orthodoxe » Juif a pris forme, et celui çi justifie une partie de sa doctrine sur la privilégiature de l’individu et de sa sincérité intrinsèque, ainsi que sur la mise en prépondérance de la sainteté « cachée » de l’homme ordinaire. Ceci s’inscrit en contradiction avec la tradition Judaïque « légalistique » ancienne, qui concentrait la pratique religieuse sur la seule et stricte observance des préceptes du Talmud, et sur le confinement du privilège de communiquer et de réaliser les commandements du Créateur à une élite lettrée, régulière et non séculière, et investie de pouvoirs quasi prétoriens.

La signification de l’origine, de la pérennité et de la pertinence de la célébration de Hannukah parmi les Juifs peut alors être mieux comprise. Les messages du Livre des Maccabées, de la tradition orale Juive et du Talmud deviennent clairs. En effet, point n’est besoin d’être un « Chassidim » (un Juif Hassidique « orthodoxe ») ni d’être un Juif se prévalant d’une autre modalité du Judaïsme quelle qu’elle soit, pour être en mesure de réaliser la mission dont le Créateur a investi l’Homme.

La mission de tout Juif qui exerce sa foi est ainsi simplement d’assurer cette fonction de vecteur de l’illumination de l’autre.

La Providence Divine a précisément amené les Juifs, à travers l’Histoire, aux quatre coins du monde et dans les endroits les plus inattendus, à travers les déserts et les mers, comme il est d’ailleurs décrit dans la Torah (l’Ancien Testament), afin qu’ils puissent réaliser cette mission.

Tel est d’ailleurs, à mon avis, l’un des sens du concept de « Peuple élu », qu’il ne faut alors pas prendre au premier degré (dans l’interprétation sémantique du « seul » Peuple qui serait « élu », que certains Juifs adoptent avec une arrogance déplacée), mais bien au contraire considérer dans la perspective « d’un Peuple élu parmi les autres » pour la seule raison qu’il connaît cette vérité depuis sa genèse et que sa mission, et le bien-fondé de son existence et de sa pérennité, sont précisément justifiés par sa connaissance et la pratique, avec joie, de son devoir envers son prochain et envers l’Humanité.

Ainsi, Hannukah, le « Festival des Lumières », prend-il toute sa signification et sa splendeur.

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