Influences

Il est important à mon sens de préciser la lignée de laquelle on a reçu sa formation en termes d’Arts martiaux car depuis le dernier quart du XXème siècle il est possible, en particulier en Amérique du Nord, d’obtenir des diplômes soit disant élevés en échange de quelques milliers de dollars et parfois sans seulement étudier un strict minimum la discipline en référence.

Dans la discipline du Karaté Do et des disciplines « à mains nues » tout d’abord :

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Durant les 15 premières années de ma pratique, j’eus le privilège de rencontrer et de suivre les enseignements, durant des stages, de maître Japonais légendaires qui avaient été les professeurs de Jean-Alain. Il s’agit de Tsutomu Ohshima, Taiji Kasé (tous deux représentant le style Shotokan) et surtout de Hiroyuki Aoki (école et style Shintai Do).

Durant les 10 années suivantes de ma pratique, je rencontrai aussi plusieurs professeurs de Karaté Do qui eurent une influence instrumentale sur mon développement dans cette discipline.

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Kenji Tokitsu me fit l’honneur de m’accepter comme élève pendant plusieurs mois à son Dojo Shaolin-mon à Paris. J’étais déjà ceinture noire 2ème  Dan en Karaté Do dans deux styles (Shotokai et Shotokan) lorsque je joignis son école, cependant je remis une ceinture blanche par respect et humilité. Trois classes plus tard Sensei Tokitsu me demanda de remettre une ceinture noire: J’appris énormément de Sensei Tokitsu au niveau de l’énergie interne (le KI) et de la fondation des Arts martiaux Chinois durant ses classes par la suite.

Je rencontrai ensuite (grâce à Pierre COTE, un de mes élèves) le capitaine de l’équipe nationale de Karaté de compétition du Sénégal, Mamadou Fall, trois fois médaille de Bronze aux championnats du monde de Karaté Open, et qui devint un ami avec lequel je me suis entrainé pendant plus de dix ans, et qui a aussi été mon coach occasionnel durant ma seconde carrière de compétiteur amateur. Mamadou était un ancien élève de Yoshinao Nambu (Sankukai Karaté). Je dois une majorité de mes humbles talents et succès de compétiteur aux enseignements que j’ai reçu de Mamadou. Nous sommes devenus amis au cours des années et notre surnom était « les jumeaux » parmi nos amis communs.

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En 1986, quelques semaines avant qu’il ne devienne champion du monde de Karaté en catégorie poids lourds à Sidney, Australie, je rencontrai Jacques Tapol. Ignorant à l’époque tout du parcours et du niveau de Jacques, je luis servit littéralement de sac de frappe, de tapis de sol, et je dirais même plus d’essuie-mains, car le trouvant extraordinairement bon combattant et fort sympathique, je le défiais régulièrement en combat de Kumité au Dojo de François Briouze à Paris où il enseignait. Bien entendu Jacques me mettait (gentiment) une raclée mémorable à chaque fois et c’est avec lui que j’ai appris à développer des qualités de résilience qui m’ont supporté de nouveau durant ma propre carrière de compétiteur.

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Finalement en 1991 je rencontrai Andy Holmes, plusieurs fois champion National de Karaté du Canada et plusieurs fois participant aux championnats du monde, terminant parmi les demi- finalistes.  Andy devint mon coach pendant plusieurs années après que je fus intégré à l’équipe Provinciale de Karaté de Colombie Britannique. Andy fut l’un des professeurs de Karaté exprimant le plus clairement et le plus exactement le Karaté Do que j’aie jamais rencontré. J’eus aussi le privilège de combattre Andy (et bien sûr de perdre les combats) lors de multiples championnats au Canada au fil des ans. Nous sommes devenus amis et la dernière fois que je l’ai vu nous sommes allés passer une après midi de ski de fond dans les montagnes rocheuses du Canada.

Je tiens aussi à rendre hommage ici à plusieurs autres Maîtres de Karaté Do réputés, et aux Dojos desquels j’ai eu l’honneur d’être accepté en tant qu’invité, parfois durant des périodes de plusieurs mois en plus de ma pratique dans mon propre Dojo au cours des années. J’ai suivi de nombreux  stages sous la direction de certains d’entre eux et j’ai combattu en compétitions sous le coaching d’autres.

Il s’agit de Guy Sauvin, Raba Louali, Adolphe Schneider, Abdelwahed Moncef, Bino Felix, Mark Stacey, James Johnson, Mike Scales, Howard Hewitt, Frank Hussey, Kaz Hashimoto, Akira Sato, John Hanratty, Ray Dalke et Yuri Isakovitch.

Chacun d’entre eux m’a appris quelque chose de différent, et m’a permis de continuer et d’améliorer ma progression de Karatéka à un moment donné.

Dans les disciplines du iaido et du kendo ensuite :

En 1981 je fis la connaissance de Pierre Delorme, qui fut mon premier professeur de iaido et de kendo. J’appris de lui les katas de Seitei Iai (la forme harmonisée de l’art du sabre japonais), les katas de la première série (Shoden) de l’école Muso Shinden Omori Ryu, et les principes fondamentaux de la discipline du kendo. Sensei Pierre m’a appris alors la fondation de ce qui allait un jour, bien des années plus tard, devenir ma concentration principale en termes de pratique et d’enseignement des arts martiaux. La chose la plus importante que j’ai apprise de Pierre est l’importance qu’être sincère et authentique, tant dans sa pratique des arts martiaux que dans sa vie de tous les jours, revêt lorsque l’on s’intéresse à sa propre vie, et que l’on a de la considération, et de la curiosité, au sujet et à propos de celle des autres. C’est Pierre qui m’inspire encore aujourd’hui à enseigner et partager avec les autres la connaissance que j’ai eu l’humble privilège d’acquérir au sujet des arts martiaux.

picPDkata-gpluscliquez l’image pour en découvrir plus au sujet de Sensei Delorme

Finalement, en 1987, je rencontrai Mike ASAOKA (Mitsuru), à Vancouver, au Canada, où j’avais alors immigré. Sensei Asaoka, qui devint alors mon professeur, était à l’époque l’instructeur d’un Dojo dont les cours se tenaient à la salle polyvalente du centre communautaire du quartier Hastings, trois fois pas semaine, de 6 heures à 7 heures 30 du matin, dans la banlieue Est de la ville, à côté du PNE (parc national des exhibitions, en quelque sorte l’équivalent de la foire du trône à Paris), et certains autres jours au Dojo du village de Steveston, une communauté à forte prédominance de population d’origine Japonaise, située au sud de la banlieue de Richmond. Nous étions moins d’une dizaine de pratiquants à son Dojo, y compris son épouse, madame Asaoka, qui était quatrième Dan de kendo et de iaido, et leurs deux fils, Motoki et Suguru, qui étaient alors enfants (8 et 10 ans si je me souviens bien – Motoki est, depuis longtemps, devenu 4è Dan de kendo et de iaido, et il enseigne à son Dojo à Steveston). Il y avait aussi ma compagne parmi les élèves, et Ken Maneker (qui est depuis devenu Kyoshi et responsable en titre du iaido sur la côte Ouest du Canada, et qui était, comme nous tous, en quelque sorte « débutant » à l’époque), et son épouse, et aussi Bruce (dont j’ai oublié le nom de famille) et qui est ensuite devenu l’un des principaux référents du style Muso Shinden Ryu en Colombie Britannique. Bref le Dojo de Sensei Asaoka était en fait en quelque sorte le « creuset » du développement du iaido et du kendo dans l’Ouest Canadien à la fin des années 80.

Sensei Asaoka m’appris les katas des series de Chuden et de Okuden, au fil de six années de pratique, et me fit pratiquer le kendo en parallèle. Il m’a fait étudier et travailler les deux versions de ces katas de Koryu : ceux de l’école Muso Shinden Omori Ryu, et ceux de l’école Muso Jikiden Eishin Ryu -Tate Iza No Bu et Tatchi No Bu-. Puis, en 1993, j’ai décidé de me concentrer à 100% sur la compétition de kumité en Karaté Do (j’étais alors, en parallèle avec mes études au Dojo de Sensei Asaoka, membre de l’équipe Provinciale de compétition de Karaté de Colombie Britannique, et je commençais à participer, au delà du niveau national, aux compétitions internationales, en catégorie poids lourds + de 80kgs).

Lorsque j’ai alors demandé à Sensei Asaoka la permission d’interrompre mon entraînement en iaido et en kendo, il me l’a accordée, et m’a alors indiqué qu’il m’autorisait à enseigner les disciplines du iaido et du kendo en qualité de Yudansha Menjo Junshi Hon Mokuroku Shidoshi, c’est à dire « aspirant instructeur de niveau Sandan, dans le référentiel moderne ». Il m’a, le jour même, offert une calligraphie de sa main, rédigée en kanji anciens, d’origine Chinoise, et méconnus de nos jours au Japon, même de la plupart des lettrés, à l’effet d’officialiser ma nomination. Cette calligraphie, m’a t-il dit, « sera le nom de ton Dojo ».

La voici:

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Cette calligraphie se lit I TEKI KEN DOJO. I = un, TEKI = un saut en avant, tel celui d’un danseur, KEN = le poing, la force de la main vide.

C’est Motoki Asaoka qui m’en a fourni la première traduction : « inspiré par un très ancien texte Shinto (la religion antique du Japon) : dans l’espoir de permettre à un être humain de s’élever de sa condition inférieure et pervertie par le moyen de l’accomplissement d’un travail long et difficile ». Motoki ajouta alors : « mon père vous félicite de choisir la voie de la compétition de kumité en Karaté Do, et il souhaite que le moment venu, vous repreniez non seulement votre entraînement au Kendo et au iaiDo, mais encore que vous enseignez ces disciplines ; à cet effet il vous autorise à ouvrir un jour votre propre Dojo pour enseigner ce qu’il vous a appris, et il souhaite que vous nommiez ce Dojo comme il est écrit sur cette calligraphie, qu’il vous remet en cadeau ».

Il m’a fallu plusieurs années ensuite pour commencer à comprendre quelle était la véritable signification du nom de Dojo que Sensei Mike m’avait fait l’honneur de m’attribuer.

Le message que Sensei Mike m’a transmis est : « n’oublies jamais que, même si tu as atteint un niveau qui te donne la capacité et la prérogative d’enseigner, et où que ton travail et ton développement t’amènent un jour, et quels que soient tes succès dans le futur, il te reste aujourd’hui encore beaucoup à apprendre, et lorsque tu penseras avoir suffisamment appris et compris, il te restera encore beaucoup plus à apprendre et à comprendre, donc il vaut mieux te mettre au boulot tout de suite, et t’y tenir ».

C’est là l’un des plus forts messages que je n’aie jamais reçu de ma vie de la part de quelqu’un, non seulement dans le domaine des Arts martiaux, mais encore tout simplement dans le domaine de la vie.

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